BPW International recherche deux expertes en développement de projets avant le congrès de Fortaleza 2027

Appel à candidature BPW International : deux expertes en développement de projets, septembre 2026
Veille internationale · BPW International · 14 septembre 2026

Le 14 septembre 2026, BPW International a ouvert un appel à candidature pour deux postes d’expert en développement de projets, l’un consacré à l’Entrepreneurship Excellence Program, l’autre à l’International Development Expert Board (IDEB). Le premier cycle du programme entrepreneuriat doit se conclure par la remise d’un prix au congrès international de 2027, dont la tenue à Fortaleza, au Brésil, a été confirmée après une visite d’inspection conduite en juillet 2026 par la présidente Diana Barragán. Les candidatures se font par une courte lettre d’intention accompagnée d’un curriculum vitae adressés au bureau de la présidente, sans date limite annoncée à ce stade. Pour un réseau implanté dans plus de cent pays depuis 1930, et dont la France est l’un des six pays fondateurs, l’enjeu de ces deux recrutements bénévoles est de passer du concept au projet finançable.

Deux postes, deux chantiers distincts

L’annonce est publiée dans la rubrique BPW International News et émane du bureau de la présidente. Elle décrit deux missions séparées, qui ne demandent pas tout à fait les mêmes profils, mais qui partagent un même verbe : transformer. La fédération cherche, selon ses propres termes, « des professionnels expérimentés pour aider à transformer ces idées en projets internationaux structurés, durables et à fort impact ».

Le premier poste porte sur l’Entrepreneurship Excellence Program. L’experte retenue devra convertir un concept de programme en un projet international « structuré, opérationnel et financièrement durable ». Le second poste concerne l’International Development Expert Board (IDEB) : il s’agit cette fois d’élaborer l’ensemble du dispositif, c’est-à-dire sa structure, sa gouvernance, sa méthodologie, son plan de mise en œuvre, le profil des experts qui le composeront, son budget et son modèle de financement.

Compétences attendues pour le poste entrepreneuriat : ingénierie de projet, connaissance de l’entrepreneuriat et des écosystèmes d’affaires, expérience des partenariats financiers et de l’investissement, capacité à monter un plan de financement et à le présenter devant des investisseurs. Une expérience internationale est préférée.

Compétences attendues pour l’IDEB : ingénierie de projet à l’international, connaissance des financements institutionnels, capacité démontrée à « préparer et présenter des projets convaincants auprès de fondations, d’institutions de développement, d’entreprises et d’autres partenaires financiers potentiels ».

Un prix remis au congrès de Fortaleza en 2027

Le calendrier donne sa cohérence à l’ensemble. Le premier cycle de l’Entrepreneurship Excellence Program doit aboutir à la remise d’un prix lors du congrès international de 2027. Ce congrès se tiendra à Fortaleza, au Brésil, conjointement avec la CONFAM, la convention des associations BPW du Brésil. Le choix a été consolidé fin juillet 2026 par une première visite d’inspection associant BPW International, BPW Brésil et le club de Fortaleza : la délégation comprenait la présidente Diana Barragán, la directrice du bureau de la présidente Yasmin Darwich, la représentante Young BPW International Izadora Letchacoski, la directrice de la communication Camila de Moura, la présidente de BPW Brésil Maria Helena Bonotto et sa première vice-présidente Claudia Pirani, ainsi que Penha Moura, Regina Dall’Olio et Chris Estrela pour le club de Fortaleza.

Autrement dit, l’experte recrutée pour le programme entrepreneuriat ne travaille pas sur un horizon indéfini : elle dispose d’un peu plus d’un an pour bâtir un dispositif, le financer et l’amener jusqu’à une première remise de prix devant l’ensemble du réseau. C’est court, et cela explique l’insistance de l’annonce sur la capacité à « pitcher » un projet devant des financeurs plutôt que sur la seule expertise thématique.

L’IDEB : professionnaliser la recherche de financements

Le second poste répond à un constat structurel. Jusqu’ici, les projets portés par le réseau sont très majoritairement d’initiative locale : la rubrique projets de BPW International recense par exemple un programme de mentorat sensible au genre porté par BPW Istanbul, un incubateur d’entreprises offrant un accompagnement gratuit aux compétences de gestion des femmes, un centre de santé bénévole au Népal, la construction de dortoirs pour un centre pour personnes aveugles au Bénin, ou encore des opérations environnementales. Ces projets sont nombreux, souvent remarquables, mais rarement conçus pour absorber un financement institutionnel de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Un « conseil d’experts en développement international » vise précisément à combler cet écart : disposer d’une instance capable d’évaluer, de mettre en forme et de présenter des projets devant des fondations, des bailleurs de développement ou des entreprises. La mission décrite — définir la gouvernance, la méthodologie, le plan de mise en œuvre, les profils d’experts, le budget et le modèle de financement — est donc moins un poste d’expert-métier qu’une mission de conception institutionnelle.

Pourquoi ces profils manquent : le mur du financement

Le besoin que cherche à couvrir BPW International s’inscrit dans un déséquilibre bien documenté. L’écart de financement pour les petites et moyennes entreprises détenues par des femmes est estimé à 1 700 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Ce n’est pas un problème de volonté entrepreneuriale : c’est un problème d’accès au crédit, de garanties exigées et de réseaux d’investisseurs.

Le même constat vaut, à une autre échelle, pour les organisations de femmes. Sur l’aide bilatérale aux contextes fragiles, qui représente environ 50 milliards de dollars sur 2022-2023, seuls 0,4 % — environ 186 millions de dollars par an — parviennent directement à des organisations dirigées par des femmes, alors que le seuil minimal recommandé est de 1 % de l’aide publique au développement. Une organisation qui ne dispose pas des compétences internes pour répondre à un appel à projets institutionnel reste de fait hors circuit, quelle que soit la qualité de son action.

Repères : le réseau BPW

Fédération internationale fondée le 26 août 1930 à Genève par Lena Madesin Phillips, avocate américaine, à partir d’un mouvement lancé en 1919. Six pays fondateurs : Autriche, Canada, France, Grande-Bretagne, Italie, États-Unis. Présente dans plus de cent pays sur cinq continents. Statut consultatif auprès de l’ECOSOC depuis 1947, statut participatif auprès du Conseil de l’Europe depuis 1977. Présidence 2024-2027 : Diana Barragán, Pérou, sur le thème « Inspire, Innovate, Empower, Transform: Together we Shape a Sustainable Future ». En France, neuf clubs : Amiens, Chartres, Évreux, Le Mans, Lille, Lyon, Marseille, Paris et Saint-Étienne.

En France : 39 % des créations, 32 % des financements externes

Le baromètre 2026 de l’entrepreneuriat des femmes, publié dans le cadre du plan interministériel « Toutes et tous égaux 2027 », donne la mesure du décalage français. Les femmes sont à l’origine de 39 % des créations d’entreprise. Leur participation à la chaîne entrepreneuriale progresse, passant de 26 % en 2021 à 29 %. L’exposition forte à l’entrepreneuriat gagne également du terrain, de 19 % à 23 %, mais reste nettement inférieure à celle des hommes, à 34 %.

La différence se joue en aval. Seules 32 % des créatrices déclarent avoir bénéficié d’un accompagnement ou d’un mentorat, contre 39 % des créateurs. Et 32 % ont obtenu un financement externe, contre 40 % des hommes. Dans le programme French Tech Next 40/120, 20 % des dirigeantes ou cofondatrices sont des femmes. Autre donnée qui mérite d’être citée dans les débats sur la « prise de risque » : 45 % des micro-entrepreneuses sont toujours en activité après cinq ans, contre 36 % des micro-entrepreneurs.

Les motivations évoluent aussi : l’envie d’être à son compte progresse de 27 % à 37 % chez les femmes, l’entrepreneuriat d’opportunité passe de 38 % à 42 %, et 46 % des créatrices déclarent une motivation liée aux valeurs. Ce dernier chiffre explique en partie l’intérêt que peuvent trouver des entrepreneures françaises dans un programme international adossé à un réseau d’égalité professionnelle plutôt qu’à un accélérateur classique.

Comment candidater

La procédure annoncée est volontairement légère : une courte lettre d’expression d’intérêt accompagnée d’un curriculum vitae, à adresser par courriel au bureau de la présidente de BPW International. L’annonce ne fixe pas de date limite, ne précise pas le volume horaire attendu ni la durée du mandat, et n’indique pas s’il s’agit d’un engagement bénévole ou rémunéré. Ces points sont à clarifier directement auprès du bureau de la présidente avant d’engager une candidature.

Ce que les clubs français peuvent en faire

Premier usage : faire circuler l’annonce auprès des profils concernés. Les deux postes visent des compétences précises — ingénierie de projet européen ou international, réponse à appels à projets, levée de fonds institutionnelle, relations avec des fondations d’entreprise. Ces compétences existent dans les clubs, chez des adhérentes issues du conseil, du développement, du financement de projets ou des directions de la responsabilité sociétale. Une diffusion ciblée est plus efficace qu’un relais général sur les réseaux sociaux.

Deuxième usage : y voir une occasion de visibilité pour la France. Candidater à l’un de ces postes, c’est entrer dans l’architecture de programme du triennat et peser sur les critères d’un prix qui sera remis devant l’ensemble du réseau en 2027. Pour une fédération dont le pays est l’un des six fondateurs de 1930, c’est un point d’appui institutionnel autant qu’un engagement personnel.

Troisième usage : préparer la suite. Si l’Entrepreneurship Excellence Program se concrétise, il comportera un appel à candidatures ouvert aux clubs et à leurs adhérentes entrepreneures. Les clubs qui auront d’ici là identifié deux ou trois dossiers solides — une créatrice accompagnée, un projet mesurable, des chiffres disponibles — seront en position de répondre rapidement. Le précédent du BPW Europe Project Award, lancé en juin 2026 avec une dotation de 500 euros et trois catégories dont l’autonomisation économique des femmes, montre que ces dispositifs se jouent souvent sur la qualité du dossier plus que sur la taille du club.

Quatrième usage : la mutualisation. Rien n’empêche deux ou trois clubs français de constituer un groupe de travail « financement de projets » pour partager leurs modèles de dossiers, leurs contacts de fondations et leurs retours d’expérience sur les appels à projets régionaux. C’est exactement le type de pratique que l’IDEB cherche à systématiser au niveau mondial, et l’avoir anticipé localement sera un atout au moment où le dispositif sera déployé.

BPW International

Aperçu de l’article d’origine — BPW International News

BPW International Seeks Two Project Development Experts

« looking for experienced professionals to help transform these ideas into structured, sustainable, and impactful international projects »

BPW International News — 14 September 2026

Aperçu presse de l'appel à candidature publié par BPW International le 14 septembre 2026
Aperçu presse de l’article d’origine — version image, utilisable comme image mise en avant

Lire l’article complet sur bpw-international.org (en anglais)

Source : BPW International, 14 septembre 2026