25 mars 2026 · Equal Pay Day

Equal Pay Day 2026 : pourquoi la France l’a situé au 25 mars, et ce que l’Europe nous apprend pour aller plus vite

23,5%
Écart salarial France
84 j.
Travaillés « gratuitement »
36,7%
Overall gap UE 2023
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Écart horaire Belgique
7 min de lecture

Une pédagogie de la date qui a une portée politique

Le 25 mars 2026 n’est pas une date symbolique choisie au hasard. C’est, dans le débat public sur l’égalité professionnelle, la date retenue pour matérialiser l’Equal Pay Day en France à partir d’un écart de rémunération de 23,5 % entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, tel que publié par l’Insee pour 2022. Autrement dit, si l’on transpose cet écart en temps de travail, les femmes doivent travailler une partie de l’année suivante pour atteindre le revenu salarial annuel perçu par les hommes l’année précédente.

« L’intérêt de l’Equal Pay Day est précisément là : rendre visible, par une date, ce qu’un pourcentage laisse souvent abstrait. »

Cette pédagogie de la date a aussi une portée politique. Elle permet de relayer un communiqué de presse, de créer un repère simple dans l’espace médiatique et de rappeler que l’inégalité salariale ne se résume pas à une différence de paie « à poste égal ». Elle recouvre également des inégalités de temps de travail, de progression de carrière, de concentration dans certains métiers, d’accès aux postes les plus rémunérateurs et, au bout de la chaîne, de niveau de pension.

D'où vient l'Equal Pay Day ?

L’Equal Pay Day s’inscrit dans une histoire militante ancienne. Selon BPW Europe, la campagne est initiée aux États-Unis en 1988 par les membres américaines de BPW sous le nom de Red Purse Campaign, afin de rendre visible le « manque à gagner » des femmes. Cette mobilisation s’inscrit elle-même dans un temps plus long, hérité des combats menés dès les années 1960 autour de l’Equal Pay Act signé en 1963 aux États-Unis.

1963 — États-Unis
Signature de l’Equal Pay Act
Premier cadre légal sur l’égalité salariale aux États-Unis.
1988 — Red Purse Campaign
BPW USA lance la campagne
Pour rendre visible le « manque à gagner » des femmes.
2008 — BPW Germany
Introduction en Europe
La campagne arrive en Europe, puis en France dès 2009.
2009 — France
Première édition française
Lancée par BPW France.

L’Equal Pay Day ne désigne donc pas un « jour mondial » fixé une fois pour toutes, mais une traduction calendaire d’un écart de rémunération. Sa date varie selon le niveau d’écart retenu et selon la méthode utilisée dans chaque pays.

Comment la date du 25 mars 2026 a été calculée pour la France

En France, la méthode retenue a été la suivante : appliquer l’écart salarial de 23,5 % publié par l’Insee au nombre de jours ouvrés de l’année 2024, soit 252 jours ouvrés. Le calcul donne 59,22 jours, ce qui conduit à retenir le 60e jour ouvré de l’année 2026, soit le 25 mars 2026.

Élément du calcul Valeur retenue
Nombre de jours ouvrés en 2025 252
Écart salarial femmes-hommes retenu 23,5 %
Résultat du calcul 59,22 jours
Arrondi opérationnel 60e jour ouvré
Date obtenue en 2026 25 mars 2026

Cette méthode présente deux avantages. Le premier est sa lisibilité : un pourcentage devient une date, donc un message immédiatement compréhensible. Le second est sa cohérence avec la logique militante : il s’agit de montrer combien de jours supplémentaires les femmes doivent travailler pour atteindre le revenu des hommes.

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Ce que l'Equal Pay Day dit de la situation française

La France dispose d’un cadre juridique ancien sur l’égalité salariale, mais l’écart persiste. L’Insee souligne qu’il s’explique en grande partie par le moindre volume de travail annuel des femmes, mais aussi par la répartition genrée des métiers, la concentration dans des secteurs moins rémunérateurs et un accès plus limité aux postes les mieux payés. Les écarts se creusent davantage chez les parents, et particulièrement pour les mères.

23,5%Écart salarial global France
36,7%Overall earnings gap UE
12%Écart horaire UE (2023)
0,7%Écart horaire Belgique

Les 4 orientations de BPW France

Rétablir un suivi annuel robuste des écarts salariaux
Appliquer effectivement les pénalités financières prévues par la loi
Mieux conditionner l’accès à la commande publique
Promouvoir les démarches certifiées en matière d’égalité professionnelle

Ouvrir le regard : ce que montrent les autres pays d'Europe

À l’échelle européenne, la comparaison invite à la nuance. La Commission européenne indique que les femmes gagnaient en moyenne 12 % de moins par heure que les hommes dans l’UE en 2023, mais que le gender overall earnings gap demeurait beaucoup plus élevé, à 36,7 %, signe que l’écart ne se joue pas seulement sur le salaire horaire.

Pays / Ensemble Indicateur Ce qu’il faut retenir
Union européenne 12% d’écart horaire ; 36,7% overall L’inégalité se lit à plusieurs niveaux
Belgique 0,7 % d’écart horaire harmonisé en 2023 Très bon résultat comparatif
Luxembourg Moins de 5 % selon la Commission Pays de référence en Europe
Espagne 16 semaines congé parental rémunéré par parent (non transférables) Levier fort sur le partage du care
Islande Certification égalité salariale + amendes Modèle d’obligation probatoire
Allemagne Droit d’accès à l’information salariale La transparence devient actionnable

Ce qui fonctionne, et ce que la France pourrait appliquer davantage

Transparence vérifiable
La transparence salariale fonctionne mieux lorsqu’elle est opposable et assortie de conséquences. La directive européenne de 2023 va dans ce sens.
Politiques du temps
L’écart ne reculera pas sans politiques du temps. L’exemple espagnol : 16 semaines rémunérées, égales et non transférables pour chaque parent.
Mesurer plusieurs écarts
Il faut mesurer l’écart horaire, mais aussi l’overall earnings gap et l’écart de pension pour une vision complète.
Conditionner l’argent public
Exclure les entreprises non conformes de certains marchés publics : une direction crédible portée par BPW France.

Faire de l'Equal Pay Day un point de départ, pas un simple rendez-vous de communication

L’Equal Pay Day est utile parce qu’il rend visible l’invisible. Mais son efficacité dépend de ce que l’on en fait. En France, la date du 25 mars 2026 — issue du calcul fondé sur 252 jours ouvrés et 23,5 % d’écart — permet de frapper les esprits.

L’Europe montre qu’il n’existe pas une solution unique, mais une combinaison de leviers : transparence salariale réelle, certifications et contrôles, sanctions effectives, partage égal du congé parental, suivi statistique plus robuste.

« Si la France veut faire reculer l’écart plus vite, elle doit cesser d’opposer ces approches et les traiter ensemble. L’Equal Pay Day ne devrait pas être seulement le jour où l’on constate un retard — il devrait devenir le jour où l’on évalue, très concrètement, ce qui a changé depuis un an. »

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Chiffres clés

25 marsEqual Pay Day France 2026
23,5 %Écart salarial France (Insee 2022)
84 j.Jours travaillés « gratuitement »
252Jours ouvrés — base de calcul
36,7 %Overall earnings gap UE 2023

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