
Veille internationale · BPW International, 12 août 2026
Le 12 août 2026, BPW International a publié une tribune signée d’Izadora Letchacoski, représentante Young BPW International, à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse. Elle s’appuie sur le thème retenu cette année par les Nations unies, « Different Contexts, Common Aspirations » (des contextes différents, des aspirations communes), pour interroger la place réellement laissée aux jeunes adhérentes dans les clubs et les fédérations. Le texte pose une question sans détour : les organisations BPW créent-elles assez d’occasions pour que les jeunes femmes ne se contentent pas d’adhérer, mais participent, contribuent et dirigent ? Il rappelle que ces adhérentes sont déjà entrepreneures, professionnelles, innovatrices, bénévoles et porte-parole, et propose quatre points de vérification aux organisations du réseau.
Un thème onusien qui parle d’écarts, pas seulement de jeunesse
La Journée internationale de la jeunesse revient chaque 12 août. Pour l’édition 2026, le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies a retenu l’intitulé « Different Contexts, Common Aspirations » et l’a décliné en trois sous-thèmes : la solidarité mondiale, les défis partagés et l’innovation portée par les jeunes. La commémoration a pris la forme d’une campagne en ligne invitant les jeunes du monde entier à publier des messages d’espoir, de soutien et de coopération.
Le document de cadrage publié par l’ONU insiste sur un point que la tribune de BPW International reprend à son compte : les aspirations se ressemblent, les conditions pour les réaliser beaucoup moins. L’édition 2026 met l’accent sur les jeunes des pays les moins avancés, des pays en développement sans littoral et des petits États insulaires en développement, confrontés à un cumul de contraintes liées à la pauvreté, au changement climatique, à l’isolement géographique, à des débouchés économiques limités et à un accès inégal aux technologies numériques.
Les chiffres cités par les Nations unies donnent la mesure de l’écart. En 2023, 93 % de la population des pays à revenu élevé utilisait internet, contre 35 % dans les pays les moins avancés, où seuls 34 % des jeunes sont connectés, et 39 % dans les pays en développement sans littoral. À l’échelle mondiale, les jeunes ont près de trois fois plus de risques d’être au chômage que les adultes. Les petits États insulaires en développement, enfin, ont subi entre 1970 et 2020 des pertes d’environ 153 milliards de dollars liées à des aléas météorologiques, climatiques et hydrologiques, alors qu’ils comptent pour moins de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Une tribune adressée aux clubs, pas aux jeunes adhérentes
La singularité du texte tient à son destinataire. Izadora Letchacoski n’exhorte pas les jeunes femmes à s’engager davantage : elle demande aux structures existantes de vérifier ce qu’elles leur offrent réellement. Les jeunes adhérentes de BPW, écrit-elle, viennent de cultures, de métiers, d’expériences et de points de vue différents, et cette diversité constitue une ressource pour le réseau à condition d’être mise au travail plutôt que célébrée dans les discours.
La formule la plus reprise du texte tient en deux phrases : les jeunes femmes ne sont pas seulement les dirigeantes de demain, elles sont déjà entrepreneures, professionnelles, innovatrices, bénévoles, porte-parole et actrices du changement aujourd’hui. Suivent quatre questions de contrôle, que chaque club peut se poser en une réunion de bureau : accueillons-nous les jeunes femmes, écoutons-nous leurs aspirations, leur ouvrons-nous des espaces de participation, encourageons-nous chez elles la prise de responsabilités ?

Aperçu de l’article d’origine, publié le 12 août 2026 : « Different Contexts, Common Aspirations: Why Young Women Matter to the Future We Are Building », signé Izadora Letchacoski, représentante Young BPW International. Lire sur bpw-international.org
Ce que les clubs français peuvent en faire à la rentrée
Le calendrier du réseau offre plusieurs points d’appui immédiats. Le 13e Young BPW Symposium s’est tenu à Munich le 24 avril 2026, en marge de la réunion en présentiel des présidentes européennes. Le 8e Symposium méditerranéen se tiendra à Nicosie, à Chypre, du 19 au 22 novembre 2026. Plus loin, la 19e Conférence régionale européenne et le 15e Young Symposium sont annoncés du 19 au 21 mai 2028. Le congrès mondial de 2027 aura lieu à Fortaleza, au Brésil, conjointement avec la CONFAM, la convention des associations de BPW Brésil ; la première visite d’inspection du site s’est déroulée du 23 au 25 juillet 2026.
Ces rendez-vous ne produisent d’effet que si une jeune adhérente est désignée assez tôt pour y aller, avec un mandat et un budget de déplacement identifiés au budget prévisionnel du club. C’est souvent là que la chaîne se rompt : la place existe, personne ne l’occupe faute d’avoir été proposée nommément et suffisamment à l’avance.
Trois autres leviers demandent peu de moyens. Le premier consiste à regarder la composition des bureaux : une jeune adhérente chargée uniquement des réseaux sociaux n’exerce pas une responsabilité, elle rend un service. Le deuxième tient au binôme : associer une adhérente expérimentée et une jeune adhérente sur un même dossier, une intervention publique ou la préparation d’une assemblée générale, transmet davantage qu’un programme de mentorat formalisé. Le troisième passe par le jumelage entre clubs, qui donne un cadre concret aux « aspirations communes » dont parle la tribune.
Les clubs français disposent par ailleurs d’un support déjà rodé auprès de ce public : le concours d’éloquence porté par la fédération, qui met en présence des jeunes femmes et des adhérentes en activité. Le rapprocher explicitement de la question posée par la tribune, c’est-à-dire proposer aux lauréates et aux candidates une place dans un club plutôt qu’un simple prix, coûte une invitation et une relance.
Un dernier argument mérite d’être rappelé aux jeunes femmes que les clubs cherchent à convaincre. BPW International dispose du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies depuis 1947, du statut consultatif auprès du Conseil de l’Europe depuis 1977, et il est représenté à l’UNESCO, à l’OIT, à l’OMS et à la FAO. Peu d’associations professionnelles ouvrent à leurs adhérentes, y compris récentes, un accès direct à ces enceintes. C’est un argument d’adhésion plus solide que la promesse d’un réseau.
Reste la forme la plus économique de participation : la commémoration onusienne du 12 août prend la forme d’une campagne en ligne ouverte à tous, sans inscription ni frais. Un club qui publie ce jour-là le témoignage d’une de ses jeunes adhérentes, en reprenant l’intitulé retenu par les Nations unies, s’inscrit dans une séquence internationale sans rien avoir à organiser.
Lire l’article complet sur bpw-international.org (en anglais)
Source : BPW International, 12 août 2026