Gouvernance et parité · Municipales 2026
Municipales 2026 : la parité est atteinte dans les conseils municipaux, pas dans les fauteuils de maire
Élues dans les conseils municipaux
Maires femmes (+3 pts vs 2020)
Maires femmes dans les villes de +100 000 hab.
Députées à l’Assemblée nationale
Ce que la loi du 21 mai 2025 a changé, et ce qu'elle n'a pas prévu
Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 se sont tenues sous un régime électoral nouveau. La loi du 21 mai 2025 a étendu le scrutin de liste paritaire aux quelque 25 000 communes de moins de 1 000 habitants, qui en étaient jusque-là dispensées.
Jusqu’en 2020, ces communes élisaient leur conseil au scrutin majoritaire, sans liste obligatoire et sans contrainte de parité. La loi a supprimé cette exception : listes complètes obligatoires, alternance femme-homme dans l’ordre de présentation, fin du panachage.
Le résultat est net dans les assemblées : 48,2 % des conseillères et conseillers municipaux sont des femmes, six points de plus qu’en 2020. Il l’est beaucoup moins au sommet : 22,8 % des maires seulement sont des femmes, trois points de plus qu’en 2020. Autrement dit, près de quatre maires sur cinq restent des hommes, alors même que les listes sont désormais paritaires partout.
Le décrochage des grandes villes
Le mouvement d’ensemble masque deux évolutions opposées. Dans les communes de moins de 10 000 habitants, la part de femmes maires progresse de un à quatre points selon les strates. Dans les communes plus peuplées, elle recule.
Entre 10 000 et 30 000 habitants, elle passe de 18,5 % à 16,8 % ; entre 30 000 et 100 000, de 17,4 % à 16,6 %. Le recul le plus marqué concerne les quarante-deux villes de plus de 100 000 habitants : de 23,8 % à 19 %, soit huit femmes maires contre dix avant le scrutin. Paris et Marseille ne sont plus dirigées par une femme ; Lyon ne l’a jamais été. Dans les villes préfectures, la proportion tombe à 13 %.
Ce décrochage est le contraire de ce qu’on aurait pu attendre. Les grandes villes étaient soumises à la parité de liste depuis 2000 : c’est là que les viviers de candidates sont les plus fournis, et c’est pourtant là que la part de femmes maires baisse en 2026.
« Les délégations données restent très ségréguées. »
— Catherine Achin, politiste, sur la répartition des exécutifs municipaux
Le second verrou : quelle délégation pour quelle élue
Être élue ne signifie pas exercer le pouvoir. La loi impose une alternance stricte entre femmes et hommes dans l’ordre des adjoints, mais elle n’encadre pas la répartition des délégations : les femmes reçoivent majoritairement les affaires scolaires, la petite enfance, la vie associative, l’action sociale ; elles sont sous-représentées aux finances et à l’urbanisme.
Ce point est le plus important pour qui réfléchit à long terme. Les finances et l’urbanisme sont les délégations qui construisent une expertise technique, une visibilité auprès des acteurs économiques et une légitimité à briguer ensuite une tête de liste, une présidence d’intercommunalité ou un mandat départemental.
Une mise en perspective s’impose malgré tout. Il y a quatre-vingts ans, 0,7 % des maires étaient des femmes. Et le bloc communal fait aujourd’hui mieux que l’Assemblée nationale, où la part de députées est retombée à environ 36 %, notamment parce qu’aux législatives, un parti peut préférer payer une amende plutôt que d’investir des femmes, ce qui est impossible aux municipales.
Dernier enseignement, moins attendu : quand Léonore Moncond’huy, maire de Poitiers, a attendu un enfant en 2024, elle a découvert que sa commune resterait sans maire pendant son congé et qu’elle-même ne serait pas indemnisée, aucun texte ne prévoyant le cas. Sa mobilisation a conduit le législateur à combler ce vide dans le texte sur le statut de l’élu.
Ce que les clubs BPW peuvent en faire
Le calendrier joue en faveur des clubs : les exécutifs municipaux viennent d’être installés, et la question des délégations est encore fraîche.
- Prendre contact : rencontrer les adjointes de sa commune dans les mois qui suivent l’élection, savoir quelle délégation chacune a obtenue et si elle l’avait demandée.
- Cartographier le bassin de vie : constituer, à l’échelle d’un club, le relevé des femmes maires et adjointes avec leurs délégations, utile pour inviter des intervenantes ou documenter une prise de parole publique.
- Préparer 2032 maintenant : le chiffre décisif n’est pas la parité des listes, acquise par la loi, mais le quart de têtes de liste féminines. Encourager une adhérente élue à demander les finances plutôt que les affaires scolaires a plus d’effet sur la parité réelle que n’importe quelle déclaration.
Consultez le nouveau mode de scrutinDécouvrez les explications officielles du ministère de l’Intérieur sur la réforme de 2025.

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