Journée internationale de la paix 2026 : investir dans la paix et ouvrir les tables de négociation aux femmes

Journée internationale de la paix 2026 : investir dans la paix — veille internationale BPW France
Veille internationale · BPW International · 21 septembre 2026

Le 21 septembre 2026, BPW International a publié le message de sa présidente Diana Barragán Medina pour la Journée internationale de la paix, placée cette année par les Nations unies sous le mot d’ordre « Invest in Peace — For Everyone, Everywhere, Every Day ». Le texte rattache explicitement la paix à l’éducation des femmes, à leur indépendance économique et à leur présence dans les instances de décision, sous la bannière « Peace Through Empowerment » que le réseau emploie depuis plusieurs triennats. Les données des Nations unies donnent à ce message un cadrage sans ambiguïté : en 2024, les femmes ne représentaient que 7 % des négociateurs et 14 % des médiateurs dans les processus de paix formels, pendant que les dépenses militaires mondiales atteignaient 2 700 milliards de dollars. Pour les clubs français, cette date du 21 septembre et le statut consultatif de BPW International auprès de l’ECOSOC depuis 1947 fournissent deux points d’appui concrets pour une prise de parole locale.

Ce que dit le message du 21 septembre 2026

Le message est signé Diana Barragán Medina, avocate, présidente de BPW International pour le triennat 2024-2027 sous le thème « Inspire, Innovate, Empower, Transform: Together we Shape a Sustainable Future ». Il est publié dans la rubrique President’s Messages du site de la fédération internationale, où il succède à « Turning Hope into Opportunity » (10 juillet 2026) et à « Living Together in Peace: A BPW International Perspective » (16 mai 2026). La continuité de ces trois textes n’est pas anodine : la paix est, pour ce triennat, un fil directeur et non une commémoration isolée.

La thèse du texte tient en une phrase : « Peace is not simply the absence of war. » La présidente y développe l’idée que la paix se construit par l’autonomie : l’accès des femmes à l’éducation, leur indépendance économique et leur représentation aux postes de direction sont présentés non comme des conséquences de la paix, mais comme des conditions de sa durabilité. Deux autres formules structurent le propos : « Empowered women strengthen families, transform communities » et « Peace cannot be achieved while women and girls continue to face violence ».

Les cinq points d’action adressés aux membres sont explicites : faire de la paix une responsabilité quotidienne, investir dans l’autonomisation des femmes, promouvoir le dialogue et la solidarité, remplacer la division par la compréhension et l’indifférence par l’action, exercer un leadership éthique et une responsabilité collective.

« Invest in Peace » : d’où vient le mot d’ordre onusien

La Journée internationale de la paix a été instituée par une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies en 1981. En 2001, l’Assemblée générale a voté à l’unanimité pour en faire une journée de non-violence et de cessez-le-feu, fixée au 21 septembre. Le thème retenu pour 2026, « Invest in Peace — For Everyone, Everywhere, Every Day », déplace délibérément le regard des sommets diplomatiques vers les pratiques ordinaires : l’Organisation parle d’« architectes quotidiens de la paix » et rappelle que la paix « n’est pas seulement construite dans des salles de conférence ». Le Secrétaire général António Guterres y invite à s’inspirer « du courage de celles et ceux qui défendent la paix dans les quartiers, les salles de classe et les communautés ».

Ce cadrage explique l’angle choisi par BPW International. Un réseau de clubs locaux, implanté dans plus de cent pays, correspond assez exactement à la définition onusienne d’un acteur de terrain : il ne négocie pas d’accords, mais il forme, finance, recrute et donne la parole. Le mot « investir » autorise par ailleurs une lecture budgétaire, que les chiffres ci-dessous rendent difficile à éluder.

Les chiffres qui donnent sa portée au message

La statistique la plus souvent citée reste la plus parlante : en moyenne sur la période 2020-2024, les femmes ont représenté 7 % des négociateurs dans les processus de paix formels à l’échelle mondiale, et 14 % des médiateurs. Près de neuf pistes de négociation sur dix ne comptaient aucune femme négociatrice, et deux tiers des efforts de médiation se sont déroulés sans elles. Dans les processus conduits ou coconduits par les Nations unies, où l’on pourrait attendre un meilleur résultat, la part des négociatrices s’est établie à 18 % en 2024 — en recul par rapport à 19 % en 2023 et 23 % en 2020.

La part des femmes parmi les signataires d’accords de paix atteint 20 % en 2024, mais retombe à 7 % si l’on exclut les accords colombiens, qui tirent la moyenne vers le haut. Côté contenu, 31 % des accords de paix et de cessez-le-feu conclus en 2024 mentionnaient les femmes, les filles ou le genre : c’est une progression réelle par rapport aux 12 % enregistrés entre 1990 et 2000, mais cela laisse plus des deux tiers des textes silencieux.

Le contexte, lui, s’est dégradé. En 2024, plus de 185 conflits armés actifs ont été recensés, et 676 millions de femmes et de filles vivaient à moins de 50 kilomètres d’un conflit meurtrier — soit 17 % de la population féminine mondiale, le niveau le plus élevé depuis les années 1990. Plus de 4 600 cas de violences sexuelles liées aux conflits ont été documentés, une hausse de 87 % entre 2022 et 2024. Fin 2024, 123,2 millions de personnes étaient déplacées de force, dont plus de 60 millions de femmes et de filles exposées à un risque accru de violences fondées sur le genre. Les pertes civiles parmi les femmes et les enfants ont quadruplé par rapport à la période biennale précédente.

2 700 milliards d’armement, 186 millions pour les organisations de femmes

C’est sur le terrain budgétaire que le mot d’ordre « Invest in Peace » prend tout son sens. Les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 700 milliards de dollars en 2024, avec la plus forte progression annuelle depuis la fin de la guerre froide. Seuls 3 % des pays ont réduit leur budget militaire, et 1 % ont réaffecté des crédits vers des programmes sociaux ou d’égalité.

En face, l’aide bilatérale aux contextes fragiles s’est élevée à environ 50 milliards de dollars sur 2022-2023, dont 21 milliards — 49 % — comportaient un marqueur égalité femmes-hommes. Mais la part qui parvient directement aux organisations dirigées par des femmes dans les zones de conflit n’est que de 0,4 %, soit environ 186 millions de dollars par an. Le minimum recommandé par les Nations unies est de 1 % de l’aide publique au développement. L’écart entre 2 700 milliards et 186 millions est d’un facteur supérieur à 14 000.

Ce que disent les responsables onusiennes

Sima Bahous, directrice exécutive d’ONU Femmes : « Les femmes et les filles sont tuées en nombre record, écartées des tables de paix et laissées sans protection alors que les guerres se multiplient. Les femmes n’ont pas besoin de promesses supplémentaires, elles ont besoin de pouvoir, de protection et d’une participation égale. » Le Secrétaire général a pour sa part averti que les acquis étaient « fragiles et, ce qui est très préoccupant, en train de reculer ».

Pourquoi la participation des femmes change le résultat

L’argument n’est pas seulement normatif. Le rapport du Secrétaire général sur les femmes, la paix et la sécurité relève que les expériences de la Colombie, du Liberia et des Philippines montrent que la participation des femmes augmente la probabilité qu’un accord soit conclu et sa durabilité dans le temps. L’agenda « Femmes, paix et sécurité » repose sur la résolution 1325 du Conseil de sécurité, adoptée en 2000 : elle a franchi en 2025 le cap de ses vingt-cinq ans, et le bilan dressé à cette occasion a été qualifié par la direction d’ONU Femmes d’histoire de « promesses non tenues ».

C’est précisément l’articulation que propose le message du 21 septembre : si l’inclusion des femmes améliore la qualité des accords, alors toute politique qui renforce leur formation, leur revenu propre et leur accès aux fonctions dirigeantes est un investissement de paix, y compris lorsqu’elle se déploie très loin des zones de conflit.

« Peace Through Empowerment » : une tradition ancienne du réseau

Le rapprochement entre paix et autonomie économique n’est pas une nouveauté de ce triennat. La fédération internationale a été fondée le 26 août 1930 à Genève par Lena Madesin Phillips, avocate américaine, à partir d’un mouvement qu’elle avait lancé en 1919 ; elle en a assuré la présidence jusqu’en 1947. Les six pays fondateurs étaient l’Autriche, le Canada, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et les États-Unis : la France figure donc parmi les membres d’origine, à une date où la coopération internationale des femmes professionnelles était elle-même présentée comme un travail de paix.

BPW International dispose d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) depuis 1947, et d’un statut participatif auprès du Conseil de l’Europe depuis 1977. Le réseau est représenté auprès des Nations unies à New York, à Vienne et à Genève, ainsi qu’auprès d’agences spécialisées. Ce sont ces accréditations qui permettent à un message de présidente d’être autre chose qu’une déclaration d’intention : elles ouvrent des canaux de contribution aux travaux onusiens, dont la Commission de la condition de la femme (CSW) est le plus connu des clubs français.

Ce que les clubs français peuvent en faire

Premier usage, le plus simple : caler une prise de parole sur le 21 septembre. La date est fixe, elle est reconnue par les collectivités et les établissements scolaires, et le thème 2026 — « For Everyone, Everywhere, Every Day » — se prête à un format local court. Un club peut organiser une table ronde, une intervention en lycée ou en école de commerce, ou une prise de parole lors d’un conseil municipal, en s’appuyant sur trois chiffres seulement : 7 % de négociatrices, 676 millions de femmes vivant à proximité d’un conflit, 0,4 % de l’aide aux contextes fragiles dirigée vers les organisations de femmes.

Deuxième usage : relier le message à ce que les clubs font déjà. Les actions de mentorat, de formation à la prise de parole, d’accompagnement à la création d’entreprise ou de parrainage de jeunes femmes entrent directement dans la définition de « Peace Through Empowerment ». Les présenter sous cet angle au moment de la Journée de la paix donne une lisibilité internationale à des actions locales, et facilite les partenariats avec les services égalité des collectivités.

Troisième usage : le relais documentaire. Le message de la présidente est court ; les données onusiennes citées ici ne le sont pas. Un club peut constituer une fiche de deux pages — chiffres, sources, dates — à remettre aux élus, aux journalistes locaux ou aux enseignants qui sollicitent une intervention. C’est aussi le matériau d’une contribution écrite dans la perspective des sessions de la CSW, où la fédération française peut faire remonter des exemples de terrain.

Quatrième usage, enfin : la préparation des échéances internationales du réseau. Le 8e symposium méditerranéen se tiendra à Nicosie, à Chypre, du 19 au 22 novembre 2026, sur le thème « Mediterranean Horizons 2026: Empowering Women in the Era of Digital & Green Transition », avec un panel consacré à la résilience et à la stabilité dans l’espace méditerranéen. Le congrès international de 2027 se tiendra à Fortaleza, au Brésil. Un club qui travaille le sujet dès maintenant dispose d’une matière prête pour ces deux rendez-vous.

BPW International

Aperçu de l’article d’origine — President’s Messages

International Day of Peace

« Peace is not simply the absence of war. »

Atty. Diana Barragán Medina, BPW International President — 21 September 2026

Aperçu presse de l'article International Day of Peace publié par BPW International le 21 septembre 2026
Aperçu presse de l’article d’origine — version image, utilisable comme image mise en avant

Lire l’article complet sur bpw-international.org (en anglais)

Source : BPW International, 21 septembre 2026

BPW International recherche deux expertes en développement de projets avant le congrès de Fortaleza 2027

Appel à candidature BPW International : deux expertes en développement de projets, septembre 2026
Veille internationale · BPW International · 14 septembre 2026

Le 14 septembre 2026, BPW International a ouvert un appel à candidature pour deux postes d’expert en développement de projets, l’un consacré à l’Entrepreneurship Excellence Program, l’autre à l’International Development Expert Board (IDEB). Le premier cycle du programme entrepreneuriat doit se conclure par la remise d’un prix au congrès international de 2027, dont la tenue à Fortaleza, au Brésil, a été confirmée après une visite d’inspection conduite en juillet 2026 par la présidente Diana Barragán. Les candidatures se font par une courte lettre d’intention accompagnée d’un curriculum vitae adressés au bureau de la présidente, sans date limite annoncée à ce stade. Pour un réseau implanté dans plus de cent pays depuis 1930, et dont la France est l’un des six pays fondateurs, l’enjeu de ces deux recrutements bénévoles est de passer du concept au projet finançable.

Deux postes, deux chantiers distincts

L’annonce est publiée dans la rubrique BPW International News et émane du bureau de la présidente. Elle décrit deux missions séparées, qui ne demandent pas tout à fait les mêmes profils, mais qui partagent un même verbe : transformer. La fédération cherche, selon ses propres termes, « des professionnels expérimentés pour aider à transformer ces idées en projets internationaux structurés, durables et à fort impact ».

Le premier poste porte sur l’Entrepreneurship Excellence Program. L’experte retenue devra convertir un concept de programme en un projet international « structuré, opérationnel et financièrement durable ». Le second poste concerne l’International Development Expert Board (IDEB) : il s’agit cette fois d’élaborer l’ensemble du dispositif, c’est-à-dire sa structure, sa gouvernance, sa méthodologie, son plan de mise en œuvre, le profil des experts qui le composeront, son budget et son modèle de financement.

Compétences attendues pour le poste entrepreneuriat : ingénierie de projet, connaissance de l’entrepreneuriat et des écosystèmes d’affaires, expérience des partenariats financiers et de l’investissement, capacité à monter un plan de financement et à le présenter devant des investisseurs. Une expérience internationale est préférée.

Compétences attendues pour l’IDEB : ingénierie de projet à l’international, connaissance des financements institutionnels, capacité démontrée à « préparer et présenter des projets convaincants auprès de fondations, d’institutions de développement, d’entreprises et d’autres partenaires financiers potentiels ».

Un prix remis au congrès de Fortaleza en 2027

Le calendrier donne sa cohérence à l’ensemble. Le premier cycle de l’Entrepreneurship Excellence Program doit aboutir à la remise d’un prix lors du congrès international de 2027. Ce congrès se tiendra à Fortaleza, au Brésil, conjointement avec la CONFAM, la convention des associations BPW du Brésil. Le choix a été consolidé fin juillet 2026 par une première visite d’inspection associant BPW International, BPW Brésil et le club de Fortaleza : la délégation comprenait la présidente Diana Barragán, la directrice du bureau de la présidente Yasmin Darwich, la représentante Young BPW International Izadora Letchacoski, la directrice de la communication Camila de Moura, la présidente de BPW Brésil Maria Helena Bonotto et sa première vice-présidente Claudia Pirani, ainsi que Penha Moura, Regina Dall’Olio et Chris Estrela pour le club de Fortaleza.

Autrement dit, l’experte recrutée pour le programme entrepreneuriat ne travaille pas sur un horizon indéfini : elle dispose d’un peu plus d’un an pour bâtir un dispositif, le financer et l’amener jusqu’à une première remise de prix devant l’ensemble du réseau. C’est court, et cela explique l’insistance de l’annonce sur la capacité à « pitcher » un projet devant des financeurs plutôt que sur la seule expertise thématique.

L’IDEB : professionnaliser la recherche de financements

Le second poste répond à un constat structurel. Jusqu’ici, les projets portés par le réseau sont très majoritairement d’initiative locale : la rubrique projets de BPW International recense par exemple un programme de mentorat sensible au genre porté par BPW Istanbul, un incubateur d’entreprises offrant un accompagnement gratuit aux compétences de gestion des femmes, un centre de santé bénévole au Népal, la construction de dortoirs pour un centre pour personnes aveugles au Bénin, ou encore des opérations environnementales. Ces projets sont nombreux, souvent remarquables, mais rarement conçus pour absorber un financement institutionnel de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Un « conseil d’experts en développement international » vise précisément à combler cet écart : disposer d’une instance capable d’évaluer, de mettre en forme et de présenter des projets devant des fondations, des bailleurs de développement ou des entreprises. La mission décrite — définir la gouvernance, la méthodologie, le plan de mise en œuvre, les profils d’experts, le budget et le modèle de financement — est donc moins un poste d’expert-métier qu’une mission de conception institutionnelle.

Pourquoi ces profils manquent : le mur du financement

Le besoin que cherche à couvrir BPW International s’inscrit dans un déséquilibre bien documenté. L’écart de financement pour les petites et moyennes entreprises détenues par des femmes est estimé à 1 700 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Ce n’est pas un problème de volonté entrepreneuriale : c’est un problème d’accès au crédit, de garanties exigées et de réseaux d’investisseurs.

Le même constat vaut, à une autre échelle, pour les organisations de femmes. Sur l’aide bilatérale aux contextes fragiles, qui représente environ 50 milliards de dollars sur 2022-2023, seuls 0,4 % — environ 186 millions de dollars par an — parviennent directement à des organisations dirigées par des femmes, alors que le seuil minimal recommandé est de 1 % de l’aide publique au développement. Une organisation qui ne dispose pas des compétences internes pour répondre à un appel à projets institutionnel reste de fait hors circuit, quelle que soit la qualité de son action.

Repères : le réseau BPW

Fédération internationale fondée le 26 août 1930 à Genève par Lena Madesin Phillips, avocate américaine, à partir d’un mouvement lancé en 1919. Six pays fondateurs : Autriche, Canada, France, Grande-Bretagne, Italie, États-Unis. Présente dans plus de cent pays sur cinq continents. Statut consultatif auprès de l’ECOSOC depuis 1947, statut participatif auprès du Conseil de l’Europe depuis 1977. Présidence 2024-2027 : Diana Barragán, Pérou, sur le thème « Inspire, Innovate, Empower, Transform: Together we Shape a Sustainable Future ». En France, neuf clubs : Amiens, Chartres, Évreux, Le Mans, Lille, Lyon, Marseille, Paris et Saint-Étienne.

En France : 39 % des créations, 32 % des financements externes

Le baromètre 2026 de l’entrepreneuriat des femmes, publié dans le cadre du plan interministériel « Toutes et tous égaux 2027 », donne la mesure du décalage français. Les femmes sont à l’origine de 39 % des créations d’entreprise. Leur participation à la chaîne entrepreneuriale progresse, passant de 26 % en 2021 à 29 %. L’exposition forte à l’entrepreneuriat gagne également du terrain, de 19 % à 23 %, mais reste nettement inférieure à celle des hommes, à 34 %.

La différence se joue en aval. Seules 32 % des créatrices déclarent avoir bénéficié d’un accompagnement ou d’un mentorat, contre 39 % des créateurs. Et 32 % ont obtenu un financement externe, contre 40 % des hommes. Dans le programme French Tech Next 40/120, 20 % des dirigeantes ou cofondatrices sont des femmes. Autre donnée qui mérite d’être citée dans les débats sur la « prise de risque » : 45 % des micro-entrepreneuses sont toujours en activité après cinq ans, contre 36 % des micro-entrepreneurs.

Les motivations évoluent aussi : l’envie d’être à son compte progresse de 27 % à 37 % chez les femmes, l’entrepreneuriat d’opportunité passe de 38 % à 42 %, et 46 % des créatrices déclarent une motivation liée aux valeurs. Ce dernier chiffre explique en partie l’intérêt que peuvent trouver des entrepreneures françaises dans un programme international adossé à un réseau d’égalité professionnelle plutôt qu’à un accélérateur classique.

Comment candidater

La procédure annoncée est volontairement légère : une courte lettre d’expression d’intérêt accompagnée d’un curriculum vitae, à adresser par courriel au bureau de la présidente de BPW International. L’annonce ne fixe pas de date limite, ne précise pas le volume horaire attendu ni la durée du mandat, et n’indique pas s’il s’agit d’un engagement bénévole ou rémunéré. Ces points sont à clarifier directement auprès du bureau de la présidente avant d’engager une candidature.

Ce que les clubs français peuvent en faire

Premier usage : faire circuler l’annonce auprès des profils concernés. Les deux postes visent des compétences précises — ingénierie de projet européen ou international, réponse à appels à projets, levée de fonds institutionnelle, relations avec des fondations d’entreprise. Ces compétences existent dans les clubs, chez des adhérentes issues du conseil, du développement, du financement de projets ou des directions de la responsabilité sociétale. Une diffusion ciblée est plus efficace qu’un relais général sur les réseaux sociaux.

Deuxième usage : y voir une occasion de visibilité pour la France. Candidater à l’un de ces postes, c’est entrer dans l’architecture de programme du triennat et peser sur les critères d’un prix qui sera remis devant l’ensemble du réseau en 2027. Pour une fédération dont le pays est l’un des six fondateurs de 1930, c’est un point d’appui institutionnel autant qu’un engagement personnel.

Troisième usage : préparer la suite. Si l’Entrepreneurship Excellence Program se concrétise, il comportera un appel à candidatures ouvert aux clubs et à leurs adhérentes entrepreneures. Les clubs qui auront d’ici là identifié deux ou trois dossiers solides — une créatrice accompagnée, un projet mesurable, des chiffres disponibles — seront en position de répondre rapidement. Le précédent du BPW Europe Project Award, lancé en juin 2026 avec une dotation de 500 euros et trois catégories dont l’autonomisation économique des femmes, montre que ces dispositifs se jouent souvent sur la qualité du dossier plus que sur la taille du club.

Quatrième usage : la mutualisation. Rien n’empêche deux ou trois clubs français de constituer un groupe de travail « financement de projets » pour partager leurs modèles de dossiers, leurs contacts de fondations et leurs retours d’expérience sur les appels à projets régionaux. C’est exactement le type de pratique que l’IDEB cherche à systématiser au niveau mondial, et l’avoir anticipé localement sera un atout au moment où le dispositif sera déployé.

BPW International

Aperçu de l’article d’origine — BPW International News

BPW International Seeks Two Project Development Experts

« looking for experienced professionals to help transform these ideas into structured, sustainable, and impactful international projects »

BPW International News — 14 September 2026

Aperçu presse de l'appel à candidature publié par BPW International le 14 septembre 2026
Aperçu presse de l’article d’origine — version image, utilisable comme image mise en avant

Lire l’article complet sur bpw-international.org (en anglais)

Source : BPW International, 14 septembre 2026

BPW Day : le réseau BPW a célébré son 96e anniversaire le 26 août 2026

BPW Day 2026 — 96e anniversaire du réseau BPW

Vie du réseau · BPW International, 19 août 2026

Le 19 août 2026, BPW International a appelé ses clubs et ses fédérations à célébrer le 96e anniversaire du réseau, le 26 août. La campagne, placée sous le mot d’ordre « Inspire. Innovate. Empower. Transform: Together we shape a sustainable future », s’accompagne d’une chanson officielle intitulée « BPW DAY », d’un jeu de visuels et de cartes personnalisables mis à disposition en téléchargement. Les participantes étaient invitées à porter du jaune, l’écharpe ou le pin’s BPW, et à publier photos et vidéos avec les mots-dièse #BPWDay et #BPWPride. Une cérémonie d’allumage des bougies a été organisée le 24 août à Niagara Falls, au Canada, pendant la conférence régionale Amérique du Nord et Caraïbes, vers 20 h 30 heure de l’Est, et retransmise sur la page Facebook de BPW North America and Caribbean.

Genève, 26 août 1930 : la France parmi les fondateurs

La date n’a rien d’arbitraire. La Fédération internationale des femmes des carrières libérales et commerciales a été fondée le 26 août 1930 à Genève, à l’initiative de Lena Madesin Phillips. Née en 1881 dans le Kentucky, elle avait adopté à onze ans le prénom « Madesin » pour marquer sa détermination à faire des études et à exercer un métier. En 1917, elle devint la première femme à sortir diplômée avec les honneurs de la faculté de droit de l’université du Kentucky, puis fonda en 1919 la fédération américaine des Business and Professional Women. Onze ans plus tard, elle réunissait à Genève des déléguées d’Autriche, du Canada, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie et des États-Unis.

Ce détail intéresse directement les clubs français : la France figure parmi les six pays représentés à la fondation. Lena Madesin Phillips présida la fédération internationale de 1930 à 1947 et mourut à Marseille en 1955. Deux de ses formules circulent encore dans le réseau. La première assigne aux femmes un rôle civique : chacune doit apporter à la politique nationale de son pays une pensée tournée vers l’avenir, suivie d’une action déterminée. La seconde, adressée aux congressistes, les décrivait comme des pionnières « dans le rêve de paix et de justice sociale, de compréhension internationale et de bonne volonté ».

Ce que le réseau est devenu

BPW International est aujourd’hui présent dans plus de cent pays sur cinq continents. La fédération détient le statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies depuis 1947, le statut consultatif auprès du Conseil de l’Europe depuis 1977, et elle est membre de la société civile de l’Organisation des États américains depuis 2009. Elle dispose de représentantes auprès des sièges des Nations unies à New York, Vienne et Genève, ainsi qu’auprès de l’UNESCO, de l’UNICEF, de l’OIT, de l’OMS, de la CNUCED, de l’ONUDI et de la FAO. La présidence internationale est exercée depuis 2024 et jusqu’en 2027 par Diana Barragán, du Pérou.

Cette continuité entre 1930 et 2026 constitue le fond du message envoyé le 19 août : l’anniversaire n’est pas une commémoration interne, mais l’occasion de rendre visible une organisation dont l’ancienneté et les accréditations restent mal connues du grand public, y compris en France.

Une campagne outillée

Le matériel proposé cette année est plus fourni que les précédentes. La chanson « BPW DAY », créée pour l’occasion, est téléchargeable au format MP3, dans un fichier d’environ 10,4 Mo. Les clubs disposent également d’un modèle de carte d’anniversaire personnalisable sous Canva et d’un dossier de visuels prêts à l’emploi hébergé sur Google Drive. Le principe reste le même d’une année sur l’autre : porter du jaune, se photographier avec l’écharpe ou le pin’s, publier avec les deux mots-dièse.

La cérémonie d’allumage des bougies, elle, tient une place particulière dans le calendrier du réseau. Dans son message de janvier 2026, la présidente internationale en rappelait le sens en une phrase : une bougie n’efface pas l’obscurité, elle fait quelque chose de plus fort, elle crée un point d’espoir. La cérémonie se rattache à la devise « Peace Through Empowerment » et s’inscrit cette année dans l’initiative « BPW LISTENS – Your Voice Matters ». Les protocoles de déroulement sont publiés en anglais, en espagnol, en français et en italien, ce qui permet à un club français de la reproduire sans traduction préalable.

Aperçu de l’article publié par BPW International le 19 août 2026

Aperçu de l’article d’origine, publié le 19 août 2026 : « Let’s Make Our 96th Anniversary Memorable », publié par le bureau de la présidence de BPW International. Lire sur bpw-international.org

Une date d’été, un relais possible à la rentrée

Le 26 août tombe chaque année au creux de la période estivale française, quand les clubs ne se réunissent pas. Rien n’oblige pourtant à s’en tenir à la date : plusieurs fédérations décalent la célébration à la première réunion de septembre, en gardant les visuels et la chanson de la campagne. Un anniversaire fêté trois semaines plus tard devant vingt adhérentes présentes vaut mieux qu’une publication du 26 août adressée à des boîtes mail vides.

Trois usages simples se dégagent pour la rentrée. Le kit de visuels peut servir de support à la réunion de reprise, avec un rappel de la fondation de 1930 et de la présence française à Genève. La cérémonie des bougies, dont le protocole existe en français, peut être programmée en janvier prochain, période où les clubs la pratiquent traditionnellement. Enfin, l’anniversaire fournit un angle de communication vers la presse locale et les partenaires : une association fondée il y a quatre-vingt-seize ans, dotée d’un statut consultatif aux Nations unies depuis 1947, se présente autrement qu’un réseau professionnel parmi d’autres.

Deux échéances se profilent par ailleurs. Le congrès mondial de 2027 se tiendra à Fortaleza, au Brésil, avec la CONFAM ; les clubs qui souhaitent y envoyer une déléguée ont intérêt à l’inscrire dès maintenant à leur budget. Et en 2030, le réseau fêtera son centenaire, quatre ans après cette édition. Les fédérations qui voudront marquer ce centenaire d’une publication, d’une exposition ou d’un travail d’archives ont tout intérêt à commencer à rassembler dès à présent les documents des clubs français, dont certains remontent aux premières décennies de la fédération.

Les archives fédérales conservées dans le Drive des clubs, les procès-verbaux d’assemblée générale et les rapports moraux constituent déjà une base pour ce travail. Les rassembler par décennie demande peu d’efforts aujourd’hui et beaucoup dans quatre ans.

Lire l’article complet sur bpw-international.org (en anglais)

Source : BPW International, 19 août 2026

Journée internationale de la jeunesse 2026 : quelle place pour les jeunes femmes dans le réseau BPW

Journée internationale de la jeunesse 2026 — BPW International

Veille internationale · BPW International, 12 août 2026

Le 12 août 2026, BPW International a publié une tribune signée d’Izadora Letchacoski, représentante Young BPW International, à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse. Elle s’appuie sur le thème retenu cette année par les Nations unies, « Different Contexts, Common Aspirations » (des contextes différents, des aspirations communes), pour interroger la place réellement laissée aux jeunes adhérentes dans les clubs et les fédérations. Le texte pose une question sans détour : les organisations BPW créent-elles assez d’occasions pour que les jeunes femmes ne se contentent pas d’adhérer, mais participent, contribuent et dirigent ? Il rappelle que ces adhérentes sont déjà entrepreneures, professionnelles, innovatrices, bénévoles et porte-parole, et propose quatre points de vérification aux organisations du réseau.

Un thème onusien qui parle d’écarts, pas seulement de jeunesse

La Journée internationale de la jeunesse revient chaque 12 août. Pour l’édition 2026, le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies a retenu l’intitulé « Different Contexts, Common Aspirations » et l’a décliné en trois sous-thèmes : la solidarité mondiale, les défis partagés et l’innovation portée par les jeunes. La commémoration a pris la forme d’une campagne en ligne invitant les jeunes du monde entier à publier des messages d’espoir, de soutien et de coopération.

Le document de cadrage publié par l’ONU insiste sur un point que la tribune de BPW International reprend à son compte : les aspirations se ressemblent, les conditions pour les réaliser beaucoup moins. L’édition 2026 met l’accent sur les jeunes des pays les moins avancés, des pays en développement sans littoral et des petits États insulaires en développement, confrontés à un cumul de contraintes liées à la pauvreté, au changement climatique, à l’isolement géographique, à des débouchés économiques limités et à un accès inégal aux technologies numériques.

Les chiffres cités par les Nations unies donnent la mesure de l’écart. En 2023, 93 % de la population des pays à revenu élevé utilisait internet, contre 35 % dans les pays les moins avancés, où seuls 34 % des jeunes sont connectés, et 39 % dans les pays en développement sans littoral. À l’échelle mondiale, les jeunes ont près de trois fois plus de risques d’être au chômage que les adultes. Les petits États insulaires en développement, enfin, ont subi entre 1970 et 2020 des pertes d’environ 153 milliards de dollars liées à des aléas météorologiques, climatiques et hydrologiques, alors qu’ils comptent pour moins de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Une tribune adressée aux clubs, pas aux jeunes adhérentes

La singularité du texte tient à son destinataire. Izadora Letchacoski n’exhorte pas les jeunes femmes à s’engager davantage : elle demande aux structures existantes de vérifier ce qu’elles leur offrent réellement. Les jeunes adhérentes de BPW, écrit-elle, viennent de cultures, de métiers, d’expériences et de points de vue différents, et cette diversité constitue une ressource pour le réseau à condition d’être mise au travail plutôt que célébrée dans les discours.

La formule la plus reprise du texte tient en deux phrases : les jeunes femmes ne sont pas seulement les dirigeantes de demain, elles sont déjà entrepreneures, professionnelles, innovatrices, bénévoles, porte-parole et actrices du changement aujourd’hui. Suivent quatre questions de contrôle, que chaque club peut se poser en une réunion de bureau : accueillons-nous les jeunes femmes, écoutons-nous leurs aspirations, leur ouvrons-nous des espaces de participation, encourageons-nous chez elles la prise de responsabilités ?

Aperçu de l’article publié par BPW International le 12 août 2026

Aperçu de l’article d’origine, publié le 12 août 2026 : « Different Contexts, Common Aspirations: Why Young Women Matter to the Future We Are Building », signé Izadora Letchacoski, représentante Young BPW International. Lire sur bpw-international.org

Ce que les clubs français peuvent en faire à la rentrée

Le calendrier du réseau offre plusieurs points d’appui immédiats. Le 13e Young BPW Symposium s’est tenu à Munich le 24 avril 2026, en marge de la réunion en présentiel des présidentes européennes. Le 8e Symposium méditerranéen se tiendra à Nicosie, à Chypre, du 19 au 22 novembre 2026. Plus loin, la 19e Conférence régionale européenne et le 15e Young Symposium sont annoncés du 19 au 21 mai 2028. Le congrès mondial de 2027 aura lieu à Fortaleza, au Brésil, conjointement avec la CONFAM, la convention des associations de BPW Brésil ; la première visite d’inspection du site s’est déroulée du 23 au 25 juillet 2026.

Ces rendez-vous ne produisent d’effet que si une jeune adhérente est désignée assez tôt pour y aller, avec un mandat et un budget de déplacement identifiés au budget prévisionnel du club. C’est souvent là que la chaîne se rompt : la place existe, personne ne l’occupe faute d’avoir été proposée nommément et suffisamment à l’avance.

Trois autres leviers demandent peu de moyens. Le premier consiste à regarder la composition des bureaux : une jeune adhérente chargée uniquement des réseaux sociaux n’exerce pas une responsabilité, elle rend un service. Le deuxième tient au binôme : associer une adhérente expérimentée et une jeune adhérente sur un même dossier, une intervention publique ou la préparation d’une assemblée générale, transmet davantage qu’un programme de mentorat formalisé. Le troisième passe par le jumelage entre clubs, qui donne un cadre concret aux « aspirations communes » dont parle la tribune.

Les clubs français disposent par ailleurs d’un support déjà rodé auprès de ce public : le concours d’éloquence porté par la fédération, qui met en présence des jeunes femmes et des adhérentes en activité. Le rapprocher explicitement de la question posée par la tribune, c’est-à-dire proposer aux lauréates et aux candidates une place dans un club plutôt qu’un simple prix, coûte une invitation et une relance.

Un dernier argument mérite d’être rappelé aux jeunes femmes que les clubs cherchent à convaincre. BPW International dispose du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies depuis 1947, du statut consultatif auprès du Conseil de l’Europe depuis 1977, et il est représenté à l’UNESCO, à l’OIT, à l’OMS et à la FAO. Peu d’associations professionnelles ouvrent à leurs adhérentes, y compris récentes, un accès direct à ces enceintes. C’est un argument d’adhésion plus solide que la promesse d’un réseau.

Reste la forme la plus économique de participation : la commémoration onusienne du 12 août prend la forme d’une campagne en ligne ouverte à tous, sans inscription ni frais. Un club qui publie ce jour-là le témoignage d’une de ses jeunes adhérentes, en reprenant l’intitulé retenu par les Nations unies, s’inscrit dans une séquence internationale sans rien avoir à organiser.

Lire l’article complet sur bpw-international.org (en anglais)

Source : BPW International, 12 août 2026