Femmes et IA : la « triple pénalité » qui les tient à l’écart des emplois les mieux payés

Part des femmes dans le secteur de l'IA : 29 % des débutants, 25 % des managers, 13 % des dirigeants

Deux ans de ruée vers l’intelligence artificielle générative, 1,3 million d’emplois créés dans le monde, des rémunérations très au-dessus de la moyenne… et des femmes qui restent sur le bord de la route. Publiée fin août 2026 par l’Economic Graph Research Institute de LinkedIn, l’étude « The Triple Penalty: Mapping the Gender Gap in the AI Economy » mesure, dans 27 pays, un écart qui se creuse à chaque étage de l’économie de l’IA. Les Echos en ont publié le décryptage le 15 septembre, sous la plume de Joséphine Boone. BPW France revient sur ces chiffres et sur ce qu’ils exigent des entreprises, des écoles et des pouvoirs publics.

Trois pénalités qui s’additionnent

Les auteurs de l’étude, Matthew Baird, Silvia Lara et Mar Carpanelli, ont analysé les données de dizaines de millions de salariés d’entreprises de plus de 50 personnes. Leur constat tient en une formule : les femmes subissent une triple pénalité, et chacune se mesure indépendamment des autres.

  • La pénalité du pouvoir : les femmes sont environ 15 points moins représentées dans les comités de direction que dans le reste des effectifs.
  • La pénalité du métier : elles sont environ 10 points moins présentes dans les fonctions d’IA que dans les autres fonctions.
  • La pénalité de l’employeur : elles sont environ 5 points moins nombreuses dans les entreprises spécialisées en IA que dans les autres entreprises.

Une femme qui vise la direction d’une équipe d’IA au sein d’une entreprise d’IA cumule donc les trois obstacles. Résultat : elle n’occupe que 13 % des postes de direction liés à l’IA dans les entreprises d’IA, tous pays étudiés confondus. L’écart se retrouve dans les 27 pays pour les postes de direction et les métiers de l’IA, et dans 24 pays sur 27 pour l’emploi au sein des entreprises du secteur.

Un écart dès l’embauche, qui s’aggrave à chaque marche

29 %des postes de débutants dans l’IA sont occupés par des femmes, contre 48 % tous secteurs confondus
25 %des managers de l’IA sont des femmes, contre 35 % sur le reste du marché
13 %des postes de direction de l’IA reviennent à des femmes, contre 23 % en moyenne

Ces trois chiffres, rapportés par Les Echos, dessinent un entonnoir. La part des femmes n’est pas seulement faible à l’entrée : elle recule à mesure que les responsabilités augmentent. Aux États-Unis, les femmes ne représentaient en 2025 que 26 % des recrutements sur des postes d’IA, contre 50 % sur les autres postes. Et l’enjeu n’est pas symbolique : selon les données de LinkedIn reprises par Fortune, un emploi d’IA y est rémunéré en moyenne autour de 177 000 dollars par an, contre environ 80 000 dollars pour un emploi hors IA.

Les postes les plus stratégiques sont aussi les moins féminisés : 20 % de femmes parmi les responsables de l’IA (« Head of AI »), 26 % parmi les directeurs et directrices de l’IA, et 18 % seulement parmi les « Members of Technical Staff », ces ingénieurs qui construisent les modèles — une proportion qui a même baissé depuis 2021, où elle atteignait 23 %. Autrement dit, la croissance spectaculaire des emplois de l’IA n’a pas amélioré la place des femmes : elle a figé, voire amplifié, les déséquilibres existants. Les Echos relèvent d’ailleurs que les champions du secteur sont presque tous dirigés par des hommes.

Aux hommes les métiers les mieux payés, aux femmes les tâches d’appui

L’étude met aussi au jour une répartition très genrée du travail à l’intérieur même des entreprises d’IA. Les fonctions support y sont occupées à 50 % par des femmes. Les femmes représentent également plus de la moitié des recrutements dans l’annotation de données, ce travail indispensable mais peu valorisé qui consiste à évaluer et corriger les réponses des modèles, souvent payé à l’heure.

À l’inverse, la fonction de « forward deployed engineer », ces ingénieurs envoyés chez les clients pour déployer les solutions et devenus l’un des profils les plus recherchés du marché, est occupée à 82 % par des hommes. Le schéma est connu : les femmes sont présentes dans le secteur, mais cantonnées aux emplois les moins qualifiés et les moins rémunérés, loin des postes qui décident des produits, des budgets et des orientations.

Pourquoi un tel fossé ?

Plusieurs causes se cumulent. La première est scolaire : dans tous les pays étudiés, les femmes restent minoritaires dans les filières scientifiques, techniques, d’ingénierie et de mathématiques. La deuxième est historique : le développement logiciel s’est construit sans elles, et les ingénieures, faute de modèles et d’environnements accueillants, se tournent souvent vers d’autres industries.

La troisième tient au rythme du secteur. Interrogée par Les Echos, Sue Duke, directrice générale de LinkedIn pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Amérique latine, souligne que les technologies, les entreprises et les postes de l’IA changent très vite, alors que ce sont le plus souvent les femmes qui interrompent leur carrière. Dans un tel contexte, une pause coûte relativement plus cher qu’ailleurs. Ce sont ces héritages du passé, qui se cumulent, qui produisent la triple pénalité. L’étude ajoute un dernier constat : les écarts sont plus marqués dans les petites entreprises que dans les grandes, et aucun secteur n’a encore résolu la question de l’accès des femmes à la direction de l’IA.

Aperçu de l'article des Echos du 15 septembre 2026 sur la triple pénalité des femmes dans l'IA

« Il y a un phénomène de triple pénalité » : les femmes, ces grandes absentes de la course à l’IA — Joséphine Boone, Les Echos, 15 septembre 2026. Lire sur lesechos.fr

Au-delà de l’emploi : trois signaux qui convergent

La triple pénalité mesurée par LinkedIn ne se limite pas aux équipes qui conçoivent l’IA. Trois autres travaux récents montrent que l’écart se retrouve dans l’usage des outils, dans l’exposition des métiers à l’automatisation et dans le financement des entreprises.

1. Les femmes utilisent moins l’IA générative

Une équipe de chercheurs de Harvard (Rembrand Koning, Nicholas Otis, Solène Delecourt et Katelynn Cranney) compile depuis 2024 toutes les données disponibles sur l’usage de l’IA générative selon le genre. Dans la dernière mise à jour, publiée en août 2026 et fondée sur 76 sources couvrant plus de 100 pays et plus de 300 000 personnes, 47,8 % des hommes utilisent ces outils, contre 39,3 % des femmes. L’écart relatif s’est stabilisé autour de 16 % depuis début 2025, et il se retrouve dans presque toutes les régions, tous les secteurs et toutes les professions.

Il persiste même à accès égal. Dans une grande entreprise technologique, 43 % des ingénieurs logiciel utilisaient l’outil interne d’aide au code, contre 31 % des ingénieures. Au Danemark, dans les métiers les plus exposés à l’IA, les femmes sont 16 points moins nombreuses que les hommes à se servir de ChatGPT pour travailler. Les chercheurs alertent sur un cercle vicieux : moins d’utilisatrices, ce sont des systèmes entraînés sur des données qui reflètent mal les besoins des femmes, et donc des outils moins adaptés à leurs usages.

−8,5 pts d’adoption de l’IA générative pour les femmes par rapport aux hommes (39,3 % contre 47,8 %)

2. Leurs emplois sont les plus exposés à l’automatisation

Le paradoxe est cruel : les femmes construisent moins l’IA, mais ce sont leurs emplois qu’elle transforme le plus. En mai 2025, l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’institut polonais NASK ont publié un indice mondial de l’exposition des métiers à l’IA générative, construit à partir de près de 30 000 tâches professionnelles. Un emploi sur quatre dans le monde est concerné, et jusqu’à 34 % dans les pays à revenu élevé.

Dans ces pays, 9,6 % des emplois occupés par des femmes relèvent de la catégorie la plus exposée à l’automatisation, contre 3,5 % des emplois occupés par des hommes : près de trois fois plus. En cause, la forte présence des femmes dans les fonctions administratives et de secrétariat, dont une grande partie des tâches peut être prise en charge par l’IA. L’OIT souligne que le remplacement complet reste l’exception et que la plupart des métiers seront transformés plutôt que supprimés, à condition que les salariées soient formées et associées à ces transformations.

× 2,7 exposition des emplois féminins à l’automatisation par rapport aux emplois masculins, dans les pays à revenu élevé (OIT)

3. Les fondatrices restent privées de capitaux

La troisième pénalité, celle des entreprises d’IA, trouve son origine dès la création. Le baromètre Sista et Boston Consulting Group, dont la 6e édition a été publiée fin 2025 sur cinq pays européens, montre qu’en France les startups fondées uniquement par des femmes représentent 9 % des créations mais seulement 1 % des fonds levés, le plus mauvais résultat des pays étudiés. Les équipes mixtes, elles, captent 13 % des montants à l’échelle européenne.

Dans l’IA, le constat est encore plus sévère : en Europe, 6 % des startups d’IA sont fondées par des femmes seules et captent moins de 1 % des volumes investis. En France, elles ne représentent que 3 % des startups d’IA, contre 19 % pour les équipes mixtes. Or ce sont ces entreprises qui deviendront les employeurs, les dirigeants et les références de demain. Tant que les fondatrices n’accéderont pas aux capitaux, la pénalité de l’employeur se reproduira mécaniquement.

3 % des startups d’IA françaises sont fondées uniquement par des femmes (Sista × BCG)

La France, meilleure élève… mais loin du compte

Dans ce paysage, la France fait plutôt bonne figure. Les femmes y occupent 18 % des sièges de direction des entreprises d’IA, soit cinq points de plus que la moyenne des 27 pays, et près de 28 % des autres postes de l’IA dans ces entreprises. Le pays se classe au 5e rang mondial pour la concentration de compétences en IA, avec des pôles qui se structurent à Paris, à Grenoble et dans d’autres métropoles.

Mais être au-dessus de la moyenne ne suffit pas : moins d’une dirigeante sur cinq dans un secteur qui façonne l’économie de demain, c’est encore très loin de la parité. D’autant que la loi Rixain de 2021, qui impose 30 % de femmes parmi les cadres dirigeants et les membres des instances dirigeantes depuis mars 2026, puis 40 % en 2029, ne vise que les entreprises d’au moins 1 000 salariés : une grande partie des jeunes pousses de l’IA échappe à cette obligation.

Ce que BPW France défend

Pour BPW France, l’IA ne doit pas devenir le nouveau terrain des inégalités professionnelles. Si les femmes ne participent ni à la conception ni à la gouvernance de ces outils, ce sont aussi leurs usages, leurs besoins et leurs réalités qui risquent d’être ignorés par les algorithmes. Former les salariées dont les métiers vont changer, financer les fondatrices et faire entrer les femmes dans les équipes qui conçoivent l’IA : les trois leviers sont liés. Notre fédération porte plusieurs pistes :

  • Former et reconvertir : ouvrir largement aux femmes les formations à l’IA, y compris en cours de carrière et au retour d’un congé ou d’une pause, pour que le rythme du secteur ne devienne pas un facteur d’exclusion.
  • Rendre les écarts visibles : la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale doit s’appliquer pleinement aux métiers de l’IA, où les écarts de rémunération sont les plus élevés (lire notre article sur le projet de loi du 9 septembre 2026).
  • Ouvrir les directions : appliquer aux entreprises du secteur l’esprit des Women’s Empowerment Principles de l’ONU, dont le premier engage les dirigeants à promouvoir l’égalité au plus haut niveau.
  • Financer les fondatrices : soutenir l’entrepreneuriat féminin dans l’IA, du premier financement à la levée de fonds.
  • Susciter les vocations : faire connaître les femmes qui travaillent déjà dans l’IA, pour que les jeunes filles puissent s’y projeter.

Nos clubs agissent déjà sur ce terrain, par le mentorat, les rencontres entre professionnelles et le partage d’expériences. Ce combat rejoint celui que BPW mène depuis près d’un siècle : que les femmes aient accès aux mêmes métiers, aux mêmes responsabilités et aux mêmes salaires que les hommes. Avec l’IA, il se joue maintenant.

Pour aller plus loin

Consulter l’étude complète de LinkedIn : « The Triple Penalty: Mapping the Gender Gap in the AI Economy » (PDF, en anglais)
Étude de Harvard sur l’usage de l’IA générative selon le genre : « The Gender Divide in Generative AI » (en anglais)
Indice OIT-NASK de l’exposition des emplois à l’IA générative : présentation sur ONU Info
Baromètre Sista × BCG : wearesista.com
Rejoindre un club BPW près de chez vous : les clubs de France

Sources : LinkedIn Economic Graph Research Institute, « The Triple Penalty: Mapping the Gender Gap in the AI Economy », août 2026 ; Joséphine Boone, « Il y a un phénomène de triple pénalité : les femmes, ces grandes absentes de la course à l’IA », Les Echos, 15 septembre 2026 ; Fortune, 31 août 2026 ; R. Koning, N. Otis, S. Delecourt, K. Cranney, « Global Evidence on Gender Gaps and Generative AI », Harvard Business School, mise à jour d’août 2026 ; OIT et NASK, « Generative AI and Jobs: A Refined Global Index of Occupational Exposure », mai 2025 ; Sista et BCG, baromètre 2025 sur l’entrepreneuriat féminin dans la tech européenne.

Violences et harcèlement fondés sur le genre au travail : où en est l’Europe ?

Plaidoyer · BPW Europe · Parlement européen

Violences et harcèlement fondés sur le genre au travail : où en est l’Europe ?

41,1%
Harcèlement sexuel au travail en France
32,5%
Moyenne de l’Union européenne
17%
Travailleurs UE, comportement hostile
15/27
États ayant ratifié la convention OIT n°190
7 min de lecture
CONTEXTE

Un état des lieux européen, chiffres à l'appui

Près d’une femme sur trois dans l’Union européenne déclare avoir subi un harcèlement sexuel au travail au moins une fois dans sa vie. En France, c’est plus de quatre sur dix. Le Parlement européen vient de publier, en septembre 2026, un état des lieux sans détour de ce que le droit européen protège déjà, et de tout ce qu’il laisse encore de côté. Ce dossier, BPW ne le découvre pas : il est au cœur des travaux que notre réseau mène à Bruxelles depuis le début de l’année, avec Florence Raineix pour la délégation française.

La moyenne de l’UE à 27 s’établit à 32,5 % pour le harcèlement sexuel au travail au cours de la vie, dont 7,0 % passant par des outils en ligne. La France se situe à 41,1 %, nettement au-dessus de la moyenne européenne. Les taux les plus élevés se trouvent en Suède (55,4 %), en Finlande (53,7 %) et en Slovaquie (53,0 %) ; les plus bas en Lettonie (11,0 %) et en Bulgarie (12,2 %). Un chiffre bas n’est pas une bonne nouvelle : c’est souvent le signe d’un sujet qui ne se nomme pas.

« Un chiffre bas n’est pas une bonne nouvelle ; c’est souvent le signe d’un sujet qui ne se nomme pas. »

L’enquête Eurofound 2024 complète le tableau : 17 % des travailleurs de l’Union ont subi un comportement social hostile au travail. Certaines formes sont très clairement genrées : l’attention sexuelle non désirée concerne 3,8 % des femmes contre 1,0 % des hommes. Dans 90 % des cas, l’auteur est un homme ; dans 58 % des cas un collègue.

DROIT

Ce que le droit européen protège déjà, et ce qui manque encore

L’édifice existe, et il n’est pas mince. La directive 2006/54/CE qualifie le harcèlement et le harcèlement sexuel de discrimination fondée sur le sexe et d’atteinte à la dignité des personnes ; tous les États membres l’ont transposée. La directive (UE) 2024/1385 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes, à transposer d’ici juin 2027, criminalise les cyberviolences dans toute l’Union. Enfin, la convention n° 190 de l’OIT, entrée en vigueur en 2021, constitue la référence la plus ambitieuse : elle est ratifiée par 15 États membres sur 27, dont la France.

Le constat du Parlement européen est net : la protection reste partielle et inégale. La directive de 2024 ne protège les victimes que dans la mesure où les faits sont pénalement réprimés par le droit national, ce qui varie fortement d’un pays à l’autre. La directive santé et sécurité vise d’abord le lieu de travail physique, à l’heure du télétravail et des réseaux sociaux. L’article 45(3) de la directive 2024/1385 ne prévoit qu’une clause de rendez-vous : la Commission évaluera d’ici juin 2032 la nécessité de mesures supplémentaires. Six ans d’attente, pour des faits qui se produisent aujourd’hui.

Le Parlement européen n’entend pas s’en satisfaire : sa résolution de novembre 2025 demande à la Commission de proposer un cadre législatif dédié aux violences fondées sur le genre dans le monde du travail, et à tous les États membres de ratifier la convention n° 190.

41,1%Harcèlement sexuel, France
32,5%Moyenne UE
17%Comportement hostile au travail
2032Échéance de la clause de rendez-vous
BPW

Ce que BPW porte, à Bruxelles et en France

Ces sujets ne se traitent pas seulement à Bruxelles par des institutions lointaines : BPW y participe directement, via le groupe de travail « Advocacy and Agenda-setting » de la Coordination européenne de BPW, qui réunit chaque mois des représentantes de plusieurs fédérations européennes. Florence Raineix y siège pour la délégation française, et y porte à la fois les positions de BPW France et le retour de nos travaux nationaux.

Le fil de l’année 2026 montre une montée en puissance méthodique. En février, le groupe a posé ses fondations et ajouté deux thèmes à son agenda : la santé des femmes au travail, et les violences faites aux femmes sur le lieu de travail, physiques comme numériques — la lacune que pointe aujourd’hui le Parlement européen, BPW Europe l’avait inscrite à son agenda trois mois plus tôt. En juin, le groupe s’est saisi du retard de transposition de la directive sur la transparence des rémunérations. En juillet, le travail est passé à l’exécution : un plan de campagne en dix points, et une stratégie d’ouverture vers la commission FEMM du Parlement européen et des eurodéputées. Le position paper doit être finalisé à la rentrée puis présenté aux présidentes nationales.

VIGILANCE

Nos points de vigilance, et ce que les clubs peuvent en faire

BPW France suivra quatre échéances : la transposition de la directive 2024/1385 d’ici juin 2027 ; la suite donnée à la demande du Parlement européen d’un cadre législatif dédié, plutôt que l’attente de la clause de rendez-vous de 2032 ; la révision annoncée de la directive sur les lieux de travail ; et la ratification de la convention n° 190 par les douze États membres qui ne l’ont pas encore fait.

Ce travail européen n’a de valeur que s’il redescend dans les clubs et remonte depuis eux. Trois pistes immédiates :

  • Faire remonter vos actions de plaidoyer : le recensement lancé au niveau européen a besoin des initiatives françaises pour exister.
  • Porter le sujet auprès des employeurs de votre territoire : procédure de signalement confidentielle, formation de l’encadrement, évaluation du risque psychosocial, prise en compte du télétravail. Ce sont exactement les points que le Parlement européen demande de généraliser.
  • Rappeler la convention n° 190 de l’OIT, que la France a ratifiée : elle fournit un cadre de discussion solide avec les directions et les représentants du personnel.

C’est cette chaîne, de Bruxelles au club, que nous continuerons à faire vivre.

Lisez le briefing du Parlement européenConsultez l’analyse complète de l’EPRS sur les violences et le harcèlement fondés sur le genre au travail.

Chiffres clés

41,1%Harcèlement sexuel, France
32,5%Moyenne UE
15/27États ayant ratifié la convention n°190

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Transparence salariale : ce que le projet de loi présenté le 9 septembre 2026 va changer

Plaidoyer · Transparence salariale · Projet de loi

Transparence salariale : ce que le projet de loi présenté le 9 septembre 2026 va changer

21,8%
Écart de revenu salarial dans le privé
5%
Seuil déclenchant l’évaluation conjointe
50
Salariés, seuil d’application en France
9 sept.
Présentation en Conseil des ministres
8 min de lecture
CONTEXTE

Un texte attendu depuis deux ans, présenté avec trois mois de retard

Le gouvernement a présenté le 9 septembre 2026, en Conseil des ministres, son projet de loi de transposition de la directive européenne sur la transparence des rémunérations. La France aurait dû le faire avant le 7 juin 2026. Le texte n’affichera pas le salaire de chaque collègue : il rendra les écarts entre les femmes et les hommes beaucoup plus difficiles à justifier.

Son point le plus structurant est la comparaison des emplois de valeur égale : elle oblige les entreprises à constituer des catégories rassemblant des métiers différents mais équivalents au regard des compétences requises, de l’effort, des responsabilités et des conditions de travail. L’aménagement de la charge de la preuve, que le code du travail organise déjà depuis 2001, s’en trouve consolidé : dès lors que la salariée présente des éléments laissant supposer une discrimination, c’est à l’entreprise de démontrer que l’écart s’explique par des raisons étrangères à toute discrimination.

« Ce qui devient obligatoire, c’est la justification, pas l’uniformité. »

EMBAUCHE

Avant l'embauche et pendant la carrière : ce qui change concrètement

C’est la mesure la plus visible : les candidates et les candidats devront connaître le montant de la rémunération initiale ou sa fourchette, dans l’offre d’emploi ou avant la signature du contrat. La mention « rémunération selon profil » ne suffira plus. Symétriquement, l’employeur ne pourra plus demander à une candidate son salaire actuel ni son historique de rémunération : l’objectif est de couper le report d’une sous-rémunération d’un employeur au suivant.

Pendant la carrière, chaque salariée pourra demander par écrit à son employeur son propre niveau de rémunération, ainsi que les niveaux moyens ventilés par sexe des personnes exerçant un travail égal ou de valeur égale. Ce droit couvre le salaire de base, les primes, les commissions et les avantages en nature. La directive impose une réponse sous deux mois. Ces données ne vaudront pas preuve automatique de discrimination, mais elles servent à rendre un écart visible, puis à exiger une explication fondée sur des critères vérifiables.

INDICATEURS

Un nouvel index à sept indicateurs, et un seuil de 5 % qui change la donne

Depuis 2019, les entreprises de plus de 50 salariés publient chaque 1er mars un Index de l’égalité professionnelle noté sur 100. Au titre des données 2025, la note moyenne nationale s’établit à 88,5 sur 100 : un score flatteur, qui coexiste avec un écart de revenu salarial de 21,8 % dans le privé. C’est précisément ce décalage que la directive vient corriger : l’Index sera remplacé par sept indicateurs, dont six seront précalculés automatiquement à partir des données de la DSN.

Disposition la plus structurante et la moins commentée : lorsque l’écart moyen de rémunération atteint 5 % ou plus dans une catégorie de travailleurs exerçant un travail de valeur égale, et qu’il n’est ni justifié ni corrigé dans les six mois, l’employeur doit conduire une évaluation conjointe des rémunérations avec les représentants du personnel.

Près de la moitié du dossier de presse est consacrée à la fonction publique, qui couvre près de six millions d’agents : les trois versants, mais aussi les personnels des CHU, les enseignants du privé sous contrat, et Orange SA ou La Poste. Les agents obtiennent des droits symétriques à ceux du privé : information annuelle sur les rémunérations moyennes, interdiction des clauses de confidentialité salariale, offres d’emploi non genrées.

21,8%Écart de revenu salarial privé
5%Seuil de l’évaluation conjointe
50Salariés, seuil d’application
6MAgents publics concernés
BILAN

Ce que BPW France retient de ce texte

La présentation en Conseil des ministres ouvre le débat plus qu’elle ne le referme. L’objectif fait consensus ; le périmètre divise. Côté employeurs, le Medef s’oppose frontalement à la comparaison des emplois de valeur égale et redoute une distorsion de concurrence, la directive européenne ne l’imposant qu’aux entreprises d’au moins 100 salariés. Côté syndical, on juge la transposition trop prudente et on regrette que plusieurs dispositions soient renvoyées à des décrets.

BPW France suit ce dossier depuis l’adoption de la directive et l’a inscrit au cœur de sa campagne Equal Pay Day. La fédération retient quatre points de vigilance pour la suite du débat parlementaire :

  • Le contenu des sept indicateurs, renvoyé à un décret : c’est là que se jouera la comparabilité réelle des données d’une entreprise à l’autre.
  • La définition du travail de valeur égale, qui décide si les métiers très féminisés seront enfin comparés à des métiers de contraintes équivalentes.
  • Le calendrier pour les entreprises de 50 à 99 salariés, où travaille une part importante des salariées françaises.
  • Le maintien du seuil de 50 salariés, contesté par les organisations patronales : le porter à 100 ferait sortir du dispositif une part importante des salariées françaises.

Les clubs BPW disposent déjà d’une entrée concrète pour porter le sujet auprès des entreprises de leur territoire : les Women’s Empowerment Principles, dont le principe 2 engage à traiter équitablement les femmes et les hommes au travail, y compris en matière de rémunération. Une entreprise qui prépare dès maintenant ses fourchettes, sa cartographie d’emplois et ses critères écrits ne subira pas la loi : elle aura simplement deux ans d’avance.

Consultez le dossier de presse officielDécouvrez le détail du projet de loi présenté le 9 septembre 2026 (PDF, 22 pages).

Chiffres clés

21,8%Écart de revenu salarial privé
5%Seuil de l’évaluation conjointe
50Salariés, seuil d’application

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BPW Europe Project Awards : candidatez avant le 15 septembre 2026

Opportunité · BPW Europe · Project Awards

BPW Europe Project Awards : candidatez avant le 15 septembre 2026

3
Catégories du prix
500€
Par lauréat
15 sept.
Date limite de candidature
Avril 2027
Remise des prix à Strasbourg
6 min de lecture
CONTEXTE

Un prix pour faire voyager les bonnes pratiques

Et si le prochain projet BPW récompensé en Europe était français ? BPW Europe a ouvert la première édition de ses Project Awards, un prix qui distingue les initiatives les plus marquantes du réseau. Les clubs et les membres de BPW France ont jusqu’au 15 septembre 2026 pour déposer leur candidature.

Les BPW Europe Project Awards ont été conçus pour reconnaître les initiatives exceptionnelles portées par les entités du réseau : celles qui renforcent l’autonomie des femmes, qui donnent de la visibilité à BPW et qui font avancer le plaidoyer en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

« Une action menée à Marseille, à Chartres, au Mans ou à Lyon reste souvent connue de ses seules participantes. Le prix européen change cette échelle. »

Chaque dossier retenu est présenté au President’s Meeting, relayé sur les canaux de BPW Europe et versé au patrimoine commun du réseau. Une initiative locale peut ainsi devenir une bonne pratique européenne, reprise ensuite par un club estonien, italien ou allemand.

CATEGORIES

Trois catégories pour mettre les projets en lumière

Le concept adopté par BPW Europe organise les candidatures en trois familles :

  • Women’s (Economic) Empowerment : les projets qui agissent sur l’indépendance économique des femmes, le leadership, l’évolution de carrière ou l’entrepreneuriat — programmes de mentorat, accompagnement à la création d’entreprise, dispositifs de développement professionnel.
  • BPW Visibility : les initiatives qui renforcent la notoriété et le rayonnement de BPW, au niveau local, national ou européen — campagnes de communication, partenariats, actions médias, présence sur le terrain.
  • Advocacy : les actions de plaidoyer qui nourrissent le dialogue avec les décideurs, provoquent un changement social ou font progresser la conscience publique sur l’égalité et les droits des femmes — campagnes, interpellations politiques, travaux de recherche, coalitions.

Le prix est ouvert aux fédérations, aux clubs affiliés et aux clubs locaux, y compris pour des initiatives menées conjointement par plusieurs entités. Deux conditions encadrent l’éligibilité : le projet doit être achevé ou toujours en cours au moment du dépôt, et il doit être enregistré dans le Project Directory de BPW International.

CANDIDATURE

Ce que doit contenir le dossier

Le document de cadrage de BPW Europe liste précisément les éléments attendus. Un dossier complet présente le titre du projet, l’entité qui le porte, ses objectifs, les activités réalisées, le public visé, le calendrier de mise en œuvre, les résultats obtenus, une évaluation de l’impact, les perspectives de pérennisation et les actions de communication engagées.

La transférabilité est sans doute le critère le plus souvent sous-estimé : un projet modeste mais facile à reproduire ailleurs pèse davantage qu’une opération spectaculaire impossible à dupliquer. Chaque lauréat reçoit 500 €, une reconnaissance officielle, une présentation lors du President’s Meeting et une valorisation sur l’ensemble des canaux de BPW.

Ne sous-estimez pas son impact : concours d’éloquence, Equal Pay Day, actions de mentorat, partenariats avec des entreprises ou des collectivités, campagnes de sensibilisation, accueil de jeunes femmes du réseau international — les clubs français ont largement de quoi nourrir des candidatures solides.

3Catégories du prix
500€Par lauréat
15 sept.Date limite de candidature
Avril 2027Remise des prix à Strasbourg

Comment candidaterPréparez votre dossier, vérifiez que votre projet est enregistré au Project Directory, puis adressez votre candidature à la fédération avant le 15 septembre 2026.

RESEAU

Fatiha Hamrani élue au comité européen, remise des prix à Strasbourg

BPW France a une raison supplémentaire de se mobiliser : Fatiha Hamrani, membre du club de BPW Paris, a été élue au BPW Europe Project Award Committee. Elle y siégera aux côtés de quatre représentantes d’autres pays européens pour examiner les candidatures et participer à la sélection des projets lauréats.

Le prochain President’s Meeting de BPW Europe, et donc la remise des Project Awards, se tiendra à Strasbourg, les 9 et 10 avril 2027, avec le club BPW Strasbourg et le soutien de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg. Voir des projets français distingués, en France, devant les présidentes de tout le continent : l’occasion ne se représentera pas de sitôt.

À partir de 2027, le calendrier du prix s’alignera d’ailleurs sur ce rendez-vous annuel : appel à candidature lancé au President’s Meeting, dépôt des dossiers à la mi-janvier, évaluation en février et mars, validation par le comité exécutif en avril, puis annonce des lauréats au President’s Meeting suivant.

Source : BPW Europe, Project Award — Concept, document de cadrage du 21 mai 2026.

Chiffres clés

3Catégories du prix
500€Par lauréat
15 sept.Date limite de candidature

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Municipales 2026 : la parité est atteinte dans les conseils municipaux, pas dans les fauteuils de maire

Hémicycle parlementaire - parité politique et gender pay gap

Gouvernance et parité · Municipales 2026

Municipales 2026 : la parité est atteinte dans les conseils municipaux, pas dans les fauteuils de maire

48,2%
Élues dans les conseils municipaux
22,8%
Maires femmes (+3 pts vs 2020)
19%
Maires femmes dans les villes de +100 000 hab.
36%
Députées à l’Assemblée nationale
6 min de lecture
CONTEXTE

Ce que la loi du 21 mai 2025 a changé, et ce qu'elle n'a pas prévu

Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 se sont tenues sous un régime électoral nouveau. La loi du 21 mai 2025 a étendu le scrutin de liste paritaire aux quelque 25 000 communes de moins de 1 000 habitants, qui en étaient jusque-là dispensées.

Jusqu’en 2020, ces communes élisaient leur conseil au scrutin majoritaire, sans liste obligatoire et sans contrainte de parité. La loi a supprimé cette exception : listes complètes obligatoires, alternance femme-homme dans l’ordre de présentation, fin du panachage.

Le résultat est net dans les assemblées : 48,2 % des conseillères et conseillers municipaux sont des femmes, six points de plus qu’en 2020. Il l’est beaucoup moins au sommet : 22,8 % des maires seulement sont des femmes, trois points de plus qu’en 2020. Autrement dit, près de quatre maires sur cinq restent des hommes, alors même que les listes sont désormais paritaires partout.

VILLES

Le décrochage des grandes villes

Le mouvement d’ensemble masque deux évolutions opposées. Dans les communes de moins de 10 000 habitants, la part de femmes maires progresse de un à quatre points selon les strates. Dans les communes plus peuplées, elle recule.

Entre 10 000 et 30 000 habitants, elle passe de 18,5 % à 16,8 % ; entre 30 000 et 100 000, de 17,4 % à 16,6 %. Le recul le plus marqué concerne les quarante-deux villes de plus de 100 000 habitants : de 23,8 % à 19 %, soit huit femmes maires contre dix avant le scrutin. Paris et Marseille ne sont plus dirigées par une femme ; Lyon ne l’a jamais été. Dans les villes préfectures, la proportion tombe à 13 %.

Ce décrochage est le contraire de ce qu’on aurait pu attendre. Les grandes villes étaient soumises à la parité de liste depuis 2000 : c’est là que les viviers de candidates sont les plus fournis, et c’est pourtant là que la part de femmes maires baisse en 2026.

« Les délégations données restent très ségréguées. »

— Catherine Achin, politiste, sur la répartition des exécutifs municipaux

DELEGATIONS

Le second verrou : quelle délégation pour quelle élue

Être élue ne signifie pas exercer le pouvoir. La loi impose une alternance stricte entre femmes et hommes dans l’ordre des adjoints, mais elle n’encadre pas la répartition des délégations : les femmes reçoivent majoritairement les affaires scolaires, la petite enfance, la vie associative, l’action sociale ; elles sont sous-représentées aux finances et à l’urbanisme.

Ce point est le plus important pour qui réfléchit à long terme. Les finances et l’urbanisme sont les délégations qui construisent une expertise technique, une visibilité auprès des acteurs économiques et une légitimité à briguer ensuite une tête de liste, une présidence d’intercommunalité ou un mandat départemental.

Une mise en perspective s’impose malgré tout. Il y a quatre-vingts ans, 0,7 % des maires étaient des femmes. Et le bloc communal fait aujourd’hui mieux que l’Assemblée nationale, où la part de députées est retombée à environ 36 %, notamment parce qu’aux législatives, un parti peut préférer payer une amende plutôt que d’investir des femmes, ce qui est impossible aux municipales.

Dernier enseignement, moins attendu : quand Léonore Moncond’huy, maire de Poitiers, a attendu un enfant en 2024, elle a découvert que sa commune resterait sans maire pendant son congé et qu’elle-même ne serait pas indemnisée, aucun texte ne prévoyant le cas. Sa mobilisation a conduit le législateur à combler ce vide dans le texte sur le statut de l’élu.

USAGES

Ce que les clubs BPW peuvent en faire

Le calendrier joue en faveur des clubs : les exécutifs municipaux viennent d’être installés, et la question des délégations est encore fraîche.

  • Prendre contact : rencontrer les adjointes de sa commune dans les mois qui suivent l’élection, savoir quelle délégation chacune a obtenue et si elle l’avait demandée.
  • Cartographier le bassin de vie : constituer, à l’échelle d’un club, le relevé des femmes maires et adjointes avec leurs délégations, utile pour inviter des intervenantes ou documenter une prise de parole publique.
  • Préparer 2032 maintenant : le chiffre décisif n’est pas la parité des listes, acquise par la loi, mais le quart de têtes de liste féminines. Encourager une adhérente élue à demander les finances plutôt que les affaires scolaires a plus d’effet sur la parité réelle que n’importe quelle déclaration.
48,2%Élues municipales
22,8%Maires femmes
19%Maires femmes, villes +100k hab.
36%Députées à l’Assemblée

Consultez le nouveau mode de scrutinDécouvrez les explications officielles du ministère de l’Intérieur sur la réforme de 2025.

Hémicycle parlementaire - parité politique et gender pay gap

Chiffres clés

48,2%Élues dans les conseils municipaux
22,8%Maires femmes
19%Maires femmes, grandes villes

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Claire Thoury élue présidente du Cese : la troisième assemblée dirigée pour la première fois par une femme

Gouvernance · Parité · Cese

Claire Thoury élue présidente du Cese : la troisième assemblée dirigée pour la première fois par une femme

97 voix
Sur 173 suffrages exprimés
175
Membres de la nouvelle mandature
20 mai 2026
Date de l’élection
3e
Assemblée dirigée par une femme
5 min de lecture
CONTEXTE

Une élection historique au Conseil économique, social et environnemental

Le 20 mai 2026, les 175 conseillères et conseillers du Conseil économique, social et environnemental ont élu Claire Thoury à leur présidence, par 97 voix sur 173 suffrages exprimés. Pour la première fois depuis la création de l’institution, la troisième assemblée constitutionnelle française est dirigée par une femme.

C’est aussi la première fois qu’elle est dirigée par une responsable issue du monde associatif. Docteure en sociologie et présidente du Mouvement associatif depuis 2021, Claire Thoury l’a emporté face à Dominique Carlac’h, ancienne membre du Medef.

« L’assemblée qui vient d’élire une femme à sa tête est aussi celle où la mixité a cessé d’être une intention pour devenir une règle de désignation opposable aux organisations elles-mêmes. »

Sa candidature s’était déclarée six mois avant le scrutin, portée par une trentaine d’organisations signataires. Une préparation longue et collective qui l’a emportée sur des candidatures lancées plus tardivement.

REFORME

Une règle de parité désormais opposable à chaque désignation

Cette élection s’inscrit dans le sillage d’une réforme légale peu connue en dehors de l’institution. Depuis la loi de 2021, chaque organisation qui désigne des membres au Cese doit faire en sorte que l’écart entre le nombre d’hommes et de femmes qu’elle désigne ne dépasse pas un.

Cette contrainte ne porte pas sur l’assemblée prise globalement, où des compensations resteraient possibles, mais sur chaque désignation individuelle. Elle en devient ainsi bien plus difficile à contourner.

La même loi a réduit l’effectif de 233 à 175 membres, soit un quart de sièges en moins. Elle a aussi abaissé de 500 000 à 150 000 le nombre de signatures nécessaires pour qu’une pétition citoyenne saisisse le Cese, l’âge minimal pour signer passant à seize ans.

Elle a enfin donné une base légale aux consultations par tirage au sort, sur le modèle de la Convention citoyenne pour le climat, en imposant là aussi la parité parmi les participants tirés au sort.

USAGES

Ce que les clubs BPW peuvent en faire

Cette élection ouvre trois usages concrets pour les clubs BPW dans leurs actions locales et leur plaidoyer :

  • Un interlocuteur institutionnel identifié : le Cese est l’une des enceintes où siègent les organisations de la société civile française. Les clubs qui travaillent avec des fédérations professionnelles ou des structures de l’économie sociale et solidaire ont là un point d’entrée nouveau.
  • Des travaux directement utiles : la délégation aux droits des femmes et à l’égalité, dont Claire Thoury a été membre, publie chaque année des avis en libre accès sur les écarts de rémunération, le temps partiel subi et la place des femmes dans les instances dirigeantes.
  • Un argument transposable : la règle de désignation issue de la loi de 2021 peut être citée par un club qui discute avec une chambre consulaire ou une union d’associations sur la composition de ses propres instances.

Reste une observation de méthode : une candidature préparée tôt, portée collectivement et adossée à un texte écrit l’emporte régulièrement sur une candidature lancée plus tard. Un enseignement direct pour la composition des bureaux de clubs et des délégations à des instances extérieures.

97 voixSur 173 suffrages exprimés
175Membres de la mandature
20 mai 2026Date de l’élection
3eAssemblée dirigée par une femme

Lisez le communiqué officielDécouvrez la position du Cese sur cette mandature 2026-2031 inédite.

Chiffres clés

97 voixSur 173 suffrages exprimés
175Membres de la mandature
3eAssemblée dirigée par une femme

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Directive transparence des rémunérations : où en sont les États membres ?

Directive européenne · Transparence salariale · 2026

Directive transparence des rémunérations : où en sont les États membres ?

4
États membres conformes au 7 juin 2026
13%
Écart de rémunération moyen en Europe
2023
Année d’adoption de la directive
7 juin
Date limite de transposition
BPW Europe
6 min de lecture
Introduction

Directive transparence des rémunérations : où en sont les États membres ?

La directive européenne sur la transparence des rémunérations représente une avancée majeure pour l’égalité salariale en Europe. Adoptée en 2023, cette directive devait être transposée en droit national par tous les États membres au plus tard le 7 juin 2026. Or, à cette date, seuls quatre pays ont respecté l’échéance fixée par l’Union européenne.

Chez BPW Europe, l’égalité de rémunération est l’un de nos axes de travail prioritaires. Nous suivons donc de très près le déploiement de ce texte législatif fondamental pour les droits des femmes au travail.

La directive

Qu'est-ce que la directive sur la transparence des rémunérations ?

La directive européenne 2023/970 a été adoptée par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne. Elle vise à renforcer l’application du principe d’égalité de rémunération entre femmes et hommes.

Les obligations concrètes pour les employeurs

Ce texte impose aux entreprises plusieurs obligations claires. Ainsi, les travailleurs européens disposeront d’outils concrets pour identifier et contester des inégalités salariales.

Avant l’embaucheCommuniquer des informations sur les salaires avant le recrutement, dès l’offre d’emploi.
Rapports obligatoiresPublier des rapports réguliers sur les écarts de rémunération entre femmes et hommes au sein de l’entreprise.
Droit à l’informationDonner aux salariés le droit de connaître le niveau de salaire des collègues exerçant un travail équivalent.
Fin de la confidentialitéInterdire les clauses de confidentialité sur les salaires, qui empêchaient jusqu’alors toute comparaison.

Pourquoi cette directive est-elle si importante ?

En Europe, l’écart de rémunération entre femmes et hommes reste en moyenne de 13 %. Cet écart persiste malgré des décennies de législation sur l’égalité salariale. Par ailleurs, les femmes subissent des discriminations invisibles, difficiles à prouver sans données transparentes. C’est pourquoi cette directive change profondément la donne en plaçant la charge de la preuve du côté des employeurs.

En rendant les données salariales accessibles et comparables, la directive crée les conditions d’une égalité de rémunération effective. Elle s’attaque ainsi aux mécanismes invisibles qui perpétuent les inégalités depuis des décennies, là où les lois précédentes restaient insuffisantes faute d’outils de contrôle concrets.

État d'avancement

État d'avancement de la transposition dans les États membres

La date limite de transposition était fixée au 7 juin 2026. À ce jour, seuls quatre États membres ont mis en conformité leur droit national avec la directive sur la transparence des rémunérations.

Les quatre pays pionniers

Ces pays ont démontré une volonté politique forte d’avancer rapidement sur l’égalité salariale. Leur exemple montre qu’une transposition rapide est tout à fait possible lorsque la volonté politique est au rendez-vous.

MalteTransposition complète au 7 juin 2026
ItalieTransposition complète au 7 juin 2026
SlovaquieTransposition complète au 7 juin 2026
LituanieTransposition complète au 7 juin 2026

Les retards de transposition en Europe

La majorité des États membres n’ont pas encore adopté les mesures législatives nécessaires. Certains pays ont notifié la Commission européenne d’une demande de délai supplémentaire. Cependant, la Commission a clairement indiqué qu’elle n’accorderait aucune extension. Elle a donc engagé des procédures actives à l’encontre des États membres défaillants.

Cette situation est préoccupante. En effet, chaque mois de retard représente des milliers de travailleuses privées de leurs droits à la transparence salariale. Les employeurs des pays en retard continuent de bénéficier d’une opacité que la directive était précisément conçue à lever.

« Chaque mois de retard représente des milliers de travailleuses privées de leurs droits à la transparence salariale. »
La Commission européenne

La position de la Commission européenne

La Commission européenne adopte une ligne ferme face aux retards de transposition. Elle n’a accordé aucune dérogation et poursuit activement les pays qui n’ont pas encore mis en œuvre la législation.

Cette détermination envoie un signal fort aux gouvernements européens. La transparence des rémunérations n’est plus une option. C’est une obligation légale avec des conséquences réelles en cas de non-respect.

Par ailleurs, des procédures d’infraction peuvent aboutir à des sanctions financières importantes pour les États récalcitrants. Cette pression juridique et financière devrait accélérer les transpositions en cours dans les mois à venir.

Aucune dérogation accordée
La Commission a refusé toutes les demandes d’extension de délai formulées par les États membres.
Procédures actives engagées
Des procédures d’infraction sont en cours contre les États n’ayant pas transposé la directive dans les délais.
Sanctions financières possibles
Les États récalcitrants s’exposent à des astreintes financières importantes devant la Cour de justice de l’UE.
Pression politique maintenue
La Commission rappelle régulièrement aux gouvernements que l’égalité salariale est une priorité non négociable.
Notre engagement

Le rôle de BPW Europe dans ce dossier

BPW Europe suit activement le déploiement de la directive sur la transparence des rémunérations dans chacun des pays membres. Notre Groupe de travail sur le plaidoyer et la définition de l’agenda mène une veille permanente sur ce sujet.

Notre action de lobbying européen

Nous travaillons à plusieurs niveaux pour accélérer la mise en œuvre de cette directive. Ainsi, BPW Europe joue un rôle de vigie et d’amplificateur de la société civile auprès des instances décisionnelles.

Interpellation des gouvernementsMobiliser les sections BPW de chaque pays pour interpeller directement les gouvernements nationaux sur l’état de transposition.
Production d’analysesProduire des rapports réguliers sur l’état d’avancement de la transposition dans chaque État membre.
Soutien aux campagnesSoutenir les campagnes nationales sur l’égalité salariale et la transparence des rémunérations.
Alerte aux institutionsAlerter les institutions européennes sur les retards constatés et les risques pour les travailleuses concernées.

Un appel à mobilisation pour les sections nationales

Nous invitons chaque section BPW nationale à nous informer sur deux points précis : l’existence d’une campagne active sur la transparence des rémunérations dans votre pays, et l’état d’avancement de la transposition de la directive dans votre législation nationale. Ces informations nous permettent d’orienter notre action de plaidoyer au niveau européen de façon ciblée et efficace.

Vous représentez une section BPW nationale ?Partagez l’état d’avancement dans votre pays avec notre groupe de travail.
Analyse

Transparence salariale : un levier pour réduire les inégalités

La transparence des rémunérations n’est pas qu’une question juridique. C’est un levier puissant pour transformer les pratiques en entreprise. Les études montrent que les organisations qui publient leurs données salariales réduisent leurs écarts de rémunération plus rapidement que les autres.

Cependant, la loi seule ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’une culture d’entreprise favorable à l’égalité et d’une prise de conscience collective. C’est pourquoi les campagnes de sensibilisation des associations comme BPW restent indispensables.

En France, en Allemagne, en Espagne ou encore en Belgique, des acteurs de la société civile attendent avec impatience la transposition de ce texte. Des millions de travailleuses sont concernées directement par les droits nouveaux que cette directive leur confère.

« Les organisations qui publient leurs données salariales réduisent leurs écarts de rémunération plus rapidement que les autres. »

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Vous souhaitez agir concrètement pour l’égalité salariale dans votre pays ? Voici quelques pistes accessibles à toutes et à tous.

Informez-vous
Vérifiez l’état de transposition de la directive dans votre pays sur le site de la Commission européenne.
Rejoignez BPW
Rejoignez ou soutenez une section BPW nationale active sur ce sujet pour amplifier la pression collective.
Interpellez vos élus
Contactez vos représentants nationaux et européens pour exiger une transposition rapide et complète.
Partagez cet article
Diffusez cette information dans vos réseaux professionnels pour sensibiliser autour de vous.
Conclusion

Une mobilisation collective indispensable

La directive sur la transparence des rémunérations est un outil puissant. Son impact réel dépendra de la rapidité et de la qualité de sa mise en œuvre dans chaque État membre. BPW Europe continuera à suivre ce dossier avec la plus grande attention et à alerter les instances compétentes face aux retards constatés.

Nous comptons sur l’engagement de chaque section nationale pour faire avancer ce combat commun. Ensemble, nous pouvons accélérer la fin des inégalités salariales en Europe. Vous représentez une section BPW nationale ? Contactez notre groupe de travail pour partager votre retour d’expérience et rejoindre notre réseau de veille européen.

« La transparence des rémunérations n’est plus une option. C’est une obligation légale avec des conséquences réelles en cas de non-respect. »
Rejoignez BPW Europe dans ce combatBPW Europe agit pour l’égalité salariale dans tous les pays membres. Mobilisons-nous ensemble.

Chiffres clés

4États membres conformes au 7 juin 2026
13 %Écart de rémunération moyen en Europe
2023Année d’adoption de la directive
7 juin 2026Date limite de transposition
27États membres concernés

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TRIBUNE BPW FRANCE « Le temps est venu de nommer une femme à la tête du gouvernement »

Tribune · Parité politique · Gouvernement

Le temps est venu de nommer une femme à la tête du gouvernement

61
Réseaux signataires du collectif 2GAP
0
Femme nommée à Matignon depuis 1958
40%
Femmes dans les gouvernements récents
2026
L’urgence d’agir maintenant
Tribune BPW France
6 min de lecture
Tribune

BPW France signe la tribune 2GAP : une demande historique et urgente

BPW France a signé, aux côtés de soixante autres réseaux professionnels féminins et mixtes réunis au sein du collectif 2GAP (Gender & Governance Action Platform), une tribune adressée au Président de la République. Elle porte une demande claire, mesurée et longtemps différée : nommer une femme à la tête du gouvernement.

Cette demande n’est pas symbolique. Elle est stratégique. Depuis la fondation de la Ve République en 1958, aucune femme n’a occupé la fonction de Première ministre de façon durable. Édith Cresson, en 1991, reste à ce jour la seule exception — et elle n’a exercé ses fonctions que onze mois. Soixante-cinq ans plus tard, la question se pose avec une acuité nouvelle.

BPW France, qui milite pour l’égalité économique, professionnelle et politique des femmes depuis des décennies, considère que la composition du sommet de l’État est indissociable des politiques d’égalité salariale, de lutte contre les violences, de réforme des retraites, d’accueil de la petite enfance et de congé parental. Les deux sujets ne peuvent plus être traités séparément.

Lire la tribune complète du collectif 2GAPPubliée sur Challenges.fr — signée par 61 réseaux dont BPW France
Contexte

Pourquoi cette demande est urgente en 2026

Les crises se succèdent — économiques, géopolitiques, sociales, climatiques — et elles ont un point commun : leurs conséquences pèsent de façon disproportionnée sur les femmes. La pauvreté, les violences, les inégalités au travail, la charge domestique non reconnue : ce sont des réalités qui ne disparaissent pas d’elles-mêmes. Elles requièrent des décisions politiques. Et ces décisions sont encore aujourd’hui majoritairement prises par des hommes.

BPW France partage le constat formulé dans la tribune 2GAP : lorsque les femmes et les hommes partagent réellement le pouvoir de décision, les politiques publiques sont plus efficaces, plus durables et mieux adaptées à l’ensemble de la population. Ce n’est pas une conviction militante isolée. C’est un résultat documenté par des organisations aussi diverses que l’ONU Femmes, l’OCDE, le Fonds monétaire international et de nombreux travaux académiques.

« Il est internationalement proclamé et démontré que si les femmes et les hommes partageaient la décision, et donc le pouvoir, la paix et le développement seraient plus durables. »

La période de constitution d’un gouvernement est précisément le moment où cette transformation peut s’engager. Ce n’est pas un détail de forme : c’est la condition pour que l’égalité proclamée devienne une égalité réelle.

Nos demandes

Ce que BPW France demande concrètement

La tribune signée par BPW France avec le collectif 2GAP formule des demandes précises, opérationnelles et immédiatement réalisables. Elles ne nécessitent aucun texte législatif supplémentaire. Elles relèvent exclusivement de la volonté politique.

Une femme à Matignon
Nommer une femme à la tête du gouvernement pour la première fois de façon durable dans l’histoire de la Ve République.
Parité au gouvernement
Garantir une représentation à 50/50 au sein du Conseil des ministres, y compris dans les portefeuilles régaliens — finances, défense, intérieur, justice.
Parité dans les cabinets
Imposer la parité au sein des cabinets ministériels et à leur tête, là où se prend une grande partie du travail normatif quotidien.
Femmes aux corps constitués
Désigner des femmes à la tête des grands corps de l’État et des institutions constitutionnelles, encore massivement masculins.

BPW France souligne que ces mesures sont indissociables d’autres réformes structurelles : féminiser les corps de hauts fonctionnaires, former les futures élites administratives aux enjeux de la parité, et rompre avec la reproduction des stéréotypes du pouvoir que perpétue une gouvernance trop homogène.

Impact

Ce que cela changerait pour l'égalité économique et professionnelle

On pourrait objecter que la composition d’un gouvernement ne modifie pas directement les fiches de paie. C’est vrai à court terme. C’est faux à moyen terme. L’ensemble des politiques qui structurent le gender pay gap — la transparence salariale, le congé parental, l’accueil de la petite enfance, les sanctions contre les discriminations, l’accès des femmes aux postes de direction — sont débattues, arbitrées et finalement décidées au niveau gouvernemental.

Les travaux sur la parité dans les exécutifs nationaux montrent que la présence des femmes à des postes de décision modifie les priorités de l’agenda politique. Non parce que les femmes défendraient mécaniquement les intérêts des femmes, mais parce que leur présence rend plus difficile l’invisibilisation de sujets qui, sans elles, peuvent être relégués au second plan.

0Femme à Matignon depuis 1958
37%Femmes parlementaires en France (2024)
22%Femmes dans les conseils d’administration
16%Femmes PDG des entreprises du CAC 40

Ces chiffres forment un système cohérent. La sous-représentation politique et économique des femmes se nourrit mutuellement. Briser ce cycle nécessite des décisions visibles, exemplaires, et situées au sommet de l’État.

Notre engagement

Le rôle de BPW France dans ce combat

BPW France ne signe pas cette tribune comme un acte ponctuel. Elle s’inscrit dans un engagement de long terme. Membre fondateur du collectif 2GAP aux côtés de soixante autres réseaux professionnels, BPW France porte depuis des décennies des revendications convergentes : égalité salariale, accès aux postes de direction, lutte contre les discriminations, partage des responsabilités parentales.

À travers ses clubs locaux en France, son rôle au sein du Lobby Européen des Femmes (CLEF) et son statut d’ONG consultative auprès du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC), BPW France dispose d’une légitimité à la fois nationale et internationale pour porter cette demande. L’Equal Pay Day, organisé chaque année, est l’une de ces occasions où BPW France rend publiquement visible le coût économique de l’inégalité.

« Pour donner à ce quinquennat et à sa grande cause toutes les chances de réussite, pour conduire le pays vers un avenir meilleur, choisissez et imposez dès maintenant, au sommet du Gouvernement et de l’État, le partage de la décision entre les femmes et les hommes. »

BPW France continuera à adresser des propositions détaillées sur la formation des futures élites administratives aux enjeux de la parité, sur la féminisation des corps de hauts fonctionnaires, et sur l’équilibre femmes-hommes dans la gouvernance économique.

Signataires

Les 61 réseaux co-signataires du collectif 2GAP

La tribune a été signée par l’ensemble des membres du collectif 2GAP, qui réunit des réseaux professionnels féminins et mixtes des secteurs public et privé. BPW France figure parmi les signataires, aux côtés notamment de :

Réseaux du secteur privé
Alliance pour la Mixité en Entreprise, Cercle InterElles, Financi’Elles, Professional Women’s Network Paris, Femmes Business Angels, Femmes Chefs d’Entreprises France, TalentuElles…
Réseaux du secteur public
Femmes de Bercy, Femmes de l’Intérieur, Femmes de Justice, Femmes des services du Premier ministre, Femmes Ingénieures, INSP 50-50…
Réseaux académiques et associatifs
Grandes Écoles au féminin, EMLyon au féminin, SciencesPo Femme et Société, Laboratoire de l’Égalité, Democracy Today, Alter Egales…
Réseaux européens et internationaux
European Network for Women in Leadership (WIL Europe), European Women Lawyers Association, Women in International Security, Réseau des Femmes Entrepreneures Nord-Sud…

La liste complète des 61 signataires est consultable dans la tribune publiée sur Challenges.fr et sur le site du collectif 2GAP.

Conclusion

C'est possible. C'est urgent. C'est vital

BPW France conclut son soutien à cette tribune par les mots mêmes du collectif 2GAP : c’est possible, c’est urgent, c’est vital. La nomination d’une femme à la tête du gouvernement ne résoudra pas à elle seule l’ensemble des inégalités entre les femmes et les hommes. Mais elle enverrait un signal fort sur la crédibilité de l’engagement pour l’égalité, et elle créerait les conditions institutionnelles d’un changement durable.

BPW France continuera à porter cette demande dans tous les espaces où elle est représentée — au Sénat, au Parlement européen, à l’ONU, au sein du Lobby Européen des Femmes — et à mobiliser ses adhérentes et ses clubs locaux pour que la parité politique cesse d’être une promesse et devienne une réalité.

« C’est possible, c’est urgent, c’est vital. »

Rejoignez BPW France et portez ce combat avec nous30 000 adhérentes, 100 pays, des clubs partout en France.

Chiffres clés

61Réseaux signataires du collectif 2GAP
0Femme à Matignon depuis 1958
37 %Femmes parlementaires en France
22 %Femmes dans les CA d’entreprises
16 %Femmes PDG du CAC 40

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Les biais cognitifs qui fabriquent encore le gender pay gap et le care gap

Biais cognitifs · Gender pay gap · Care gap

Les biais cognitifs qui fabriquent encore le gender pay gap et le care gap

+4 000$
Écart salarial à CV identique
14%
Écart à temps identique
14% → 50%
Femmes recrutées après correction
5
Biais identifiés et mesurés
9 min de lecture
INTRODUCTION

Pour en finir avec les écarts de salaire, de carrière et de charge domestique

Le débat public commet souvent la même erreur : il traite l’écart salarial et l’écart de care comme deux problèmes distincts. D’un côté, il y aurait le marché du travail, la rémunération, les promotions et les négociations. De l’autre, la famille, l’organisation du foyer, la charge parentale et le soin aux proches.

Or les travaux réunis autour de l’audition d’Isabelle Régner au Sénat, ainsi que plusieurs études académiques et rapports internationaux récents, montrent une tout autre réalité : ces deux écarts sont en fait produits par un même système de biais cognitifs, de normes de genre et de routines institutionnelles.

Autrement dit, les inégalités ne viennent pas d’abord d’un manque d’ambition féminin ou d’une supposée préférence naturelle des femmes pour le care. Elles naissent au croisement de raccourcis mentaux ordinaires et d’organisations qui les laissent agir sans correction.

On associe spontanément la science, l’autorité, la disponibilité et le leadership au masculin. On associe tout aussi spontanément le soin, l’écoute, la maternité, la flexibilité et la responsabilité familiale au féminin. Ces associations paraissent banales. Elles sont pourtant redoutablement efficaces.

Engagez-vous pour l’égalité professionnelleBPW France agit toute l’année. Rejoignez notre réseau et participez à nos événements.

Biais n°1

La compétence est perçue comme masculine

Une première famille de biais concerne la lecture de la compétence. Les domaines scientifiques et technologiques sont spontanément associés au masculin, tandis que les domaines du soin et des sciences humaines sont davantage associés au féminin. Cette association a des effets matériels : elle modifie la perception que nous avons d’une candidate ou d’un candidat avant même toute preuve réelle.

L’étude de Moss-Racusin et al., popularisée par Yale, est devenue emblématique parce qu’elle isole précisément ce mécanisme. Des scientifiques ont évalué un dossier strictement identique, auquel seul le prénom changeait. Le candidat perçu comme homme a été jugé plus compétent, plus facilement recruté, plus mentorable, et s’est vu attribuer une proposition salariale supérieure d’environ 4 000 dollars.

« Une partie de l’écart salarial ne se forme pas seulement en fin de carrière, mais dès l’entrée dans la chaîne d’évaluation. »

Ce type de biais ne se limite pas à la science académique. Il se retrouve partout où la compétence est confondue avec des signaux codés au masculin : la confiance affichée, l’aisance à se vendre, l’assurance oratoire, la disponibilité totale, la capacité à paraître faite pour le poste.

Le cadre théorique le plus utile reste la théorie de l’incongruité des rôles d’Eagly et Karau : les femmes subissent un double préjudice. Elles sont jugées moins naturellement adaptées aux rôles de leadership, et leurs comportements de leadership sont évalués moins favorablement quand elles les adoptent effectivement.

Biais n°2

Le backlash punit les femmes quand elles font ce qu'il faut pour réussir<

On répète souvent aux femmes qu’il faudrait être plus assertives, négocier davantage, se montrer ambitieuses, prendre leur place. Mais cet impératif oublie un point essentiel : les mêmes comportements ne sont pas interprétés de la même manière selon le sexe de la personne qui les adopte.

Dans les expérimentations évoquées lors de l’audition au Sénat, un homme perçu comme assertif et compétitif est jugé compétent et charismatique. Une femme adoptant exactement le même comportement risque d’être perçue comme agressive, autoritaire, peu coopérative ou difficile à manager.

Les travaux d’Amanatullah et Morris prolongent ce constat dans le domaine de la négociation salariale : les femmes ajustent leur stratégie lorsqu’elles anticipent une sanction sociale pour avoir violé les attentes de genre. Le système produit donc une double contrainte : être plus visible expose à la sanction, être moins visible expose à l’effacement.

« La vraie question n’est pas pourquoi les femmes ne demandent pas assez. C’est : quel est le coût social de la demande selon le sexe de la personne qui la formule ? Tant que ce coût restera différentiel, le conseil individuel ne suffira pas. »

Biais n°3

La maternité est traitée comme un risque, la paternité comme un signal positif

Le care gap ne commence pas à la maison ; il commence dans les représentations que les organisations se font de la disponibilité future des femmes et des hommes. La littérature sur la motherhood penalty, synthétisée par le Gender Action Portal de Harvard, montre que les mères subissent des pénalités en matière de recrutement, de salaire d’entrée et de compétence perçue, tandis que les pères peuvent au contraire bénéficier d’un bonus symbolique lié à leur statut parental.

Cette asymétrie révèle une logique profonde. L’homme parent est souvent lu comme plus stable, plus responsable, plus investi dans son rôle de soutien économique. La femme parent est plus facilement soupçonnée d’une disponibilité réduite ou d’un engagement fragilisé.

Ce mécanisme explique pourquoi le pay gap et le care gap se nourrissent mutuellement. Si les organisations anticipent que les femmes feront davantage de care, elles leur offrent moins de salaire, moins de mentorat, moins de trajectoires ascendantes. Puis, parce que ces femmes gagnent effectivement moins, il devient économiquement rationnel dans le couple qu’elles réduisent davantage leur temps de travail. Le biais initial produit ainsi une apparence de choix libre.

MoinsSalaire d’entrée pour les mères
PlusBonus symbolique pour les pères
DoubleCharge domestique portée par les femmes
FauxLe « choix libre » souvent contraint
Biais n°4

Le déni de discrimination entretient la discrimination

L’un des résultats les plus importants pour l’action publique et managériale est peut-être le moins intuitif. Des travaux mentionnés lors de l’audition au Sénat montrent que les biais de genre peuvent être plus prononcés chez les évaluateurs convaincus que les discriminations ont disparu. L’article de Begeny et al. dans Science Advances confirme cette idée : dans certaines professions, celles et ceux qui pensent que le problème n’existe plus sont parmi les plus susceptibles de perpétuer le biais.

Lorsqu’une organisation se croit post-discriminatoire, elle ne documente plus ses écarts, n’interroge plus ses routines, n’ose plus corriger ses critères et traite toute alerte comme une exagération. Cette invisibilité se combine avec des biais linguistiques plus subtils.

« Les lettres de recommandation valorisent souvent chez les hommes la brillance et l’exceptionnalité, alors qu’elles soulignent chez les femmes le sérieux, la rigueur et le travail. On continue à louer les femmes, mais selon un vocabulaire qui les place moins spontanément du côté du génie, de la vision ou du potentiel exceptionnel. »

Analyse

Ce que cela change dans notre manière de raisonner

Si l’on assemble ces résultats, un raisonnement fort apparaît. Le gender pay gap n’est pas seulement un écart de salaire. C’est la trace monétaire d’une chaîne d’inférences et d’arrangements sociaux. Le care gap n’est pas seulement un déséquilibre domestique. C’est le bras logistique du même système.

Les deux écarts avancent ensemble parce qu’ils sont fabriqués par une même architecture mentale et institutionnelle. Des stéréotypes associent l’autorité, la science, la disponibilité et la valeur marchande au masculin. Ils biaisent l’évaluation de la compétence et de la rémunération dès le recrutement. Ils sanctionnent ensuite les femmes lorsqu’elles adoptent les conduites considérées comme payantes. Ils font enfin peser sur elles la plus grande part du travail domestique et parental.

« Le résultat final ressemble à une somme de choix individuels ; en réalité, il s’agit d’une production sociale de la contrainte. »

Pay gap = trace monétaire
Le gender pay gap est la traduction en euros d’une chaîne de biais qui commence dès l’évaluation du CV et s’accumule à chaque promotion.
Care gap = bras logistique
Le care gap n’est pas un choix naturel mais le résultat prévisible d’une organisation qui anticipe différemment la disponibilité des femmes et des hommes.
Même système
Les deux écarts partagent les mêmes racines cognitives et institutionnelles. Les traiter séparément est une erreur stratégique.
Contrainte ≠ choix
Ce qui ressemble à des préférences individuelles est souvent une contrainte produite socialement, renforcée à chaque étape de la carrière.
Solutions

Comment réduire réellement les pourcentages d'écart

La conséquence pratique est claire : on ne réduira pas durablement les écarts avec de simples messages d’encouragement du type « osez davantage ». Il faut agir sur les moments précis où le biais s’insère dans la décision.

L’expérience menée à Aix-Marseille Université est ici instructive. Les comités de sélection ont été confrontés à des données sexuées sur leur vivier, à des tests d’associations implicites, à des synthèses de résultats scientifiques et à des supports rendant les biais visibles dans la discussion collective. La part de femmes recrutées comme professeures des universités y est passée de 14 % à 50 %.

Objectiver
Imposer des critères de sélection définis avant l’évaluation des candidats, pas après avoir vu les profils.
Standardiser
Utiliser des grilles d’évaluation identiques pour tous les candidats, résistant aux impressions subjectives.
Dégenrer la disponibilité
Cesser d’associer la présence physique longue et le surengagement à la compétence et à la progression.
Socialiser le care
Traiter le congé parental des hommes comme une norme attendue, pas comme une exception tolérée.
Surveiller les effets
Mesurer régulièrement les écarts à chaque étape : recrutement, promotion, rémunération, départs.
Rendre les biais visibles
Former les évaluateurs en leur montrant leurs propres résultats aux tests d’associations implicites.
Conclusion

Faire disparaître les situations discriminantes : la vraie ambition

L’objectif ne doit pas être seulement de réduire un peu les écarts. Il doit être de faire disparaître les situations discriminantes ou limitantes chaque fois que cela dépend d’une décision humaine ou organisationnelle.

Cela suppose de changer la question posée. Au lieu de demander : « Pourquoi les femmes n’occupent-elles pas encore la même place ? », il faut demander : « À quels moments notre système interprète-t-il différemment la même compétence, la même ambition, la même parentalité ou la même disponibilité selon qu’elles sont incarnées par une femme ou par un homme ? »

Une fois cette question posée sérieusement, l’égalité cesse d’être une affaire de bonne volonté individuelle. Elle devient une question de design institutionnel. Les biais cognitifs ne disparaîtront jamais complètement de l’esprit humain. En revanche, on peut bâtir des procédures, des règles et des environnements qui les court-circuitent, les ralentissent ou les rendent coûteux pour l’organisation qui les laisse agir. C’est là que se joue la transformation réelle.

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Chiffres clés

+4 000$Écart à CV identique (Moss-Racusin)
14%Écart salarial à temps identique
14% → 50%Femmes recrutées après correction AMU
5Biais identifiés et documentés
BacklashSanction pour comportement assertif féminin

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Analyse complète des biais cognitifs, études académiques et stratégie de réduction des écarts.

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Cette décision constitutionnelle sur la parité politique peut-elle réduire le gender pay gap ?

Parité politique · Gender pay gap

Cette décision constitutionnelle sur la parité politique peut-elle réduire le gender pay gap ?

21,8%
Écart salarial global
14,0%
Écart à temps identique
3,6%
Écart à poste identique
24%
Femmes top 1% salaires
10 min de lecture
La décision

La décision n° 2026-1197 QPC du 17 avril 2026 : ce qu'elle dit et ce qu'elle ne dit pas

La publication de la décision n° 2026-1197 QPC du 17 avril 2026 du Conseil constitutionnel remet sur le devant de la scène une question ancienne mais décisive : jusqu’où l’État peut-il aller pour contraindre les partis politiques à respecter la parité dans les candidatures aux élections législatives ?

La réponse apportée par le juge constitutionnel est nette. Le mécanisme financier prévu par la loi, qui réduit une partie de l’aide publique versée aux partis ne présentant pas un nombre suffisamment équilibré de candidates et de candidats, est conforme à la Constitution.

À première vue, cette actualité paraît éloignée du gender pay gap, c’est-à-dire de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. En réalité, le lien existe, mais il est indirect, institutionnel et de long terme. Cette décision ne change pas immédiatement les fiches de paie. En revanche, elle consolide juridiquement un instrument de féminisation du pouvoir politique, et cette féminisation peut, à terme, peser sur la manière dont sont conçues, arbitrées et défendues les politiques d’égalité économique.

Rapport complet — Gender pay gap et parité politiqueSynthèse de la décision QPC + analyse des données Insee 2024

Analyse juridique

Ce que le Conseil constitutionnel valide exactement

Le litige portait sur l’article 9-1 de la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique, dans sa rédaction issue de la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Ce texte prévoit que lorsqu’un parti politique présente aux élections législatives un nombre de femmes et d’hommes trop déséquilibré, le montant de la première fraction de l’aide publique qui lui est versée peut être diminué.

La réduction correspond à 150 % de l’écart constaté, au-delà d’un seuil de 2 %, sans pouvoir dépasser le montant total de cette première fraction. La question posée au Conseil constitutionnel était de savoir si un tel mécanisme portait une atteinte excessive au pluralisme politique, à l’égalité devant les charges publiques ou encore au principe de proportionnalité.

Le Conseil répond par la négative. Il juge que le législateur a poursuivi un objectif légitime — rendre effectif l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux — et que les critères retenus sont suffisamment objectifs.

« Cette décision sécurise constitutionnellement un levier de contrainte financière déjà existant. Ce n’est pas un tournant spectaculaire du droit social, mais c’est un signal fort : la République peut continuer à utiliser l’argent public pour pousser les organisations politiques à mieux représenter les femmes. »

Le lien

Ce que le Conseil constitutionnel valide exactement

Parce que l’égalité salariale ne dépend pas seulement du droit du travail. Elle dépend aussi de la fabrique des politiques publiques. Les règles relatives à la transparence salariale, à l’index égalité professionnelle, à la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, aux congés parentaux, à l’accueil de la petite enfance, à la fiscalité des couples ou à l’accès aux postes de direction sont débattues, votées, financées et contrôlées dans l’arène politique.

Plus les femmes y sont présentes, plus il devient difficile de reléguer ces sujets au second plan. L’idée n’est pas de soutenir qu’une femme élue défendrait mécaniquement les intérêts de toutes les femmes. En revanche, il existe un constat robuste : la sous-représentation des femmes dans les lieux de pouvoir contribue à invisibiliser certaines inégalités, notamment celles qui articulent travail, revenu, charge domestique et progression de carrière.

L’OCDE rappelle d’ailleurs que les femmes restent sous-représentées à la fois dans les rôles de direction du secteur privé et dans les institutions politiques, et que des outils comme les quotas, les objectifs de parité ou les exigences de transparence sont mobilisés pour corriger cet état de fait.

Les chiffres

Le gender pay gap en France : où en est-on vraiment ?

En France, selon l’Insee, en 2024 le revenu salarial moyen des femmes dans le secteur privé demeure inférieur de 21,8 % à celui des hommes. Même à temps de travail identique, l’écart reste de 14,0 %. Et pour le même emploi dans le même établissement, il s’établit encore à 3,6 %.

21,8%Écart salarial global (revenu)
14,0%Écart à temps identique
3,6%Écart à poste identique
24%Femmes dans le top 1% des salaires

Ces données sont essentielles, car elles montrent que le gender pay gap n’a pas une cause unique. Une partie de l’écart provient du moindre volume de travail annuel des femmes, lié notamment au temps partiel et aux interruptions de carrière. Une autre partie tient à la ségrégation professionnelle : les femmes ne sont pas réparties dans les mêmes métiers, ni dans les mêmes secteurs, ni dans les mêmes niveaux hiérarchiques.

Enfin, une part résiduelle persiste même quand on compare des situations de travail très proches, ce qui renvoie à des mécanismes de discrimination, de négociation salariale, d’évaluation ou d’accès aux promotions. Les femmes occupent seulement 24 % des emplois parmi le 1 % des postes les mieux rémunérés, alors qu’elles représentent 42 % des salariés du privé en équivalent temps plein.

Incidences

Les incidences réelles de la décision sur l'écart salarial

Symbolique et normative
En validant le mécanisme de modulation financière, le Conseil constitutionnel confirme que l’égalité entre les femmes et les hommes peut justifier des instruments contraignants, renforçant la légitimité d’autres politiques plus offensives en matière d’égalité économique.
Institutionnelle
Si les partis sont davantage incités à investir des femmes dans les circonscriptions, la représentation féminine au Parlement peut progresser. À moyen terme, cela peut modifier l’agenda législatif et la hiérarchie des priorités sur l’autonomie économique des femmes.
Culturelle
La présence accrue des femmes dans les fonctions électives contribue à banaliser leur légitimité à gouverner, décider et arbitrer. Ces mêmes stéréotypes alimentent aussi, dans le monde du travail, la moindre valorisation de certains parcours féminins.
Limitée
L’effet sur les rémunérations est indirect, dépendant d’une chaîne longue : plus de candidates, potentiellement plus d’élues, éventuellement plus de politiques favorables, puis des effets sur les trajectoires professionnelles et les salaires.

recommandations

Ce que les entreprises et les décideurs publics devraient retenir

Pour les entreprises

Cette décision rappelle que l’égalité femmes-hommes ne se joue pas uniquement dans les politiques RH, mais aussi dans l’environnement institutionnel global. Les organisations qui attendent un changement spontané des écarts de rémunération se trompent : l’expérience montre que les progrès viennent surtout d’une combinaison de transparence, d’objectivation des critères de promotion, de suivi des écarts, de correction des biais de carrière et d’un meilleur partage des contraintes familiales.

Pour les responsables publics

La parité politique ne doit pas être pensée comme un sujet séparé de l’égalité économique. Les deux questions se répondent. Une démocratie plus équilibrée dans sa représentation est mieux armée pour traiter les angles morts du marché du travail. Mais cette articulation n’aura d’effet tangible sur le gender pay gap que si elle s’accompagne de politiques substantielles.

Contrôle des écarts de rémunération
Renforcer les mécanismes de contrôle avec des sanctions effectives et un suivi annuel robuste.
Lutte contre le temps partiel subi
Le temps partiel subi pèse massivement sur le revenu annuel des femmes et doit être activement combattu.
Accès des femmes aux directions
Faciliter l’accès aux postes de direction via des objectifs chiffrés opposables et des certifications.
Investissement dans les services de garde
Réformer les normes d’organisation du travail et investir massivement dans l’accueil de la petite enfance.

Conclusion

En conclusion

L’actualité juridique du 17 avril 2026 ne réduit pas mécaniquement l’écart de salaire entre les femmes et les hommes. Son importance est ailleurs. Elle confirme que la puissance publique peut assumer des mécanismes contraignants pour faire progresser la parité dans la vie politique. Cette consolidation est précieuse, car la lutte contre le gender pay gap ne se gagne pas seulement dans l’entreprise ; elle se gagne aussi dans les institutions qui décident des règles du jeu.

La décision du Conseil constitutionnel constitue donc moins une réponse immédiate au problème salarial qu’un maillon dans une chaîne plus large d’égalité. En renforçant la légitimité des outils de parité, elle peut contribuer à créer un cadre politique plus favorable aux réformes qui, elles, toucheront directement les salaires. C’est une avancée réelle, mais une avancée de structure, pas encore une victoire sur la fiche de paie.

« La lutte contre le gender pay gap ne se gagne pas seulement dans l’entreprise ; elle se gagne aussi dans les institutions qui décident des règles du jeu. »

Engagez-vous pour l’égalité professionnelle BPW France agit toute l’année. Rejoignez notre réseau et participez à nos événements.