Les biais cognitifs qui fabriquent encore le gender pay gap et le care gap

Pour en finir avec les écarts de salaire, de carrière et de charge domestique entre femmes et hommes

Le débat public commet souvent la même erreur : il traite l’écart salarial et l’écart de care comme deux problèmes distincts. D’un côté, il y aurait le marché du travail, la rémunération, les promotions et les négociations. De l’autre, la famille, l’organisation du foyer, la charge parentale et le soin aux proches. Or les travaux réunis autour de l’audition d’Isabelle Régner au Sénat, ainsi que plusieurs études académiques et rapports internationaux récents, montrent une tout autre réalité : ces deux écarts sont en fait produits par un même système de biais cognitifs, de normes de genre et de routines institutionnelles.

Autrement dit, les inégalités ne viennent pas d’abord d’un manque d’ambition féminin ou d’une supposée préférence naturelle des femmes pour le care. Elles naissent au croisement de raccourcis mentaux ordinaires et d’organisations qui les laissent agir sans correction. On associe spontanément la science, l’autorité, la disponibilité et le leadership au masculin. On associe tout aussi spontanément le soin, l’écoute, la maternité, la flexibilité et la responsabilité familiale au féminin. Ces associations paraissent banales. Elles sont pourtant redoutablement efficaces. Elles façonnent l’orientation scolaire, les évaluations de compétence, l’accès à l’emploi, le niveau de salaire proposé, la promotion, la négociation, puis la répartition du travail domestique.

Ce que l’on observe Ce que l’on croit expliquer Ce que montrent les recherches
Les femmes gagnent moins Elles négocient moins, interrompent davantage leur carrière, choisissent des emplois plus flexibles Les comportements de négociation, les trajectoires et la flexibilité sont eux-mêmes structurés par des stéréotypes, des sanctions sociales et des contraintes de care inégalement distribuées
Les femmes assurent plus de care Elles seraient plus altruistes ou plus disposées au soin Les normes de genre assignent davantage le care aux femmes et déplacent sur elles le coût d’ajustement familial
Les hommes progressent plus vite Ils seraient plus compétents, plus disponibles ou plus affirmés À qualifications égales, les hommes sont souvent perçus comme plus compétents, plus prometteurs et plus « naturels » dans les rôles d’autorité

Le point décisif, formulé avec force lors du compte rendu du Sénat, est que les stéréotypes de genre sont des raccourcis cognitifs. Ils simplifient le réel, mais ils simplifient mal. Isabelle Régner rappelle que ces associations se construisent tôt, deviennent automatiques et peuvent ensuite contaminer la performance comme l’évaluation. Penser « sciences = masculin » et « soin = féminin » n’est pas une opinion isolée : c’est une structure mentale diffuse qui agit sur les individus, les jurys, les recruteurs, les managers, les collègues, les familles et les institutions.

Les écarts femmes-hommes ne relèvent donc pas uniquement de décisions individuelles. Ils résultent aussi d’un environnement qui rend certaines décisions plus probables, plus légitimes et plus coûteuses selon le sexe de la personne qui les prend.

Le premier moteur : la compétence est perçue comme masculine

Une première famille de biais concerne la lecture de la compétence. Dans l’audition du Sénat, il est rappelé que les domaines scientifiques et technologiques sont spontanément associés au masculin, tandis que les domaines du soin et des sciences humaines sont davantage associés au féminin. Cette association a des effets matériels. Elle modifie la perception que nous avons d’une candidate ou d’un candidat avant même toute preuve réelle.

L’étude de Moss-Racusin et al., popularisée par Yale, est devenue emblématique parce qu’elle isole précisément ce mécanisme. Des scientifiques ont évalué un dossier strictement identique, auquel seul le prénom changeait. Le candidat perçu comme homme a été jugé plus compétent, plus facilement recruté, plus mentorable, et s’est vu attribuer une proposition salariale supérieure d’environ 4 000 dollars. Le résultat est fondamental pour comprendre le pay gap : une partie de l’écart ne se forme pas seulement en fin de carrière, mais dès l’entrée dans la chaîne d’évaluation.

Ce type de biais ne se limite pas à la science académique. Il se retrouve partout où la compétence est confondue avec des signaux codés au masculin : la confiance affichée, l’aisance à se vendre, l’assurance oratoire, la disponibilité totale, la capacité à paraître « faite pour le poste ». Ce sont des jugements sociaux présentés comme des constats objectifs. Or ils reposent souvent sur une grammaire implicite du mérite qui avantage les hommes parce qu’elle leur ressemble davantage.

Le cadre théorique le plus utile pour comprendre ce phénomène reste la théorie de l’incongruité des rôles d’Eagly et Karau. Selon cette perspective, les femmes subissent un double préjudice : elles sont jugées moins naturellement adaptées aux rôles de leadership, et leurs comportements de leadership sont évalués moins favorablement quand elles les adoptent effectivement. Cela signifie qu’une femme peut être pénalisée avant d’avoir accédé au pouvoir, puis à nouveau une fois qu’elle exerce ce pouvoir.

Le deuxième moteur : le backlash punit les femmes quand elles font « ce qu’il faut » pour réussir

On répète souvent aux femmes qu’il faudrait être plus assertives, négocier davantage, se montrer ambitieuses, prendre leur place. Mais cet impératif oublie un point essentiel : les mêmes comportements ne sont pas interprétés de la même manière selon le sexe de la personne qui les adopte.

L’audition du Sénat insiste sur l’effet de backlash. Dans les expérimentations évoquées, un homme perçu comme assertif et compétitif est jugé compétent et charismatique. Une femme adoptant exactement le même comportement risque d’être perçue comme agressive, autoritaire, peu coopérative ou difficile à manager dans la durée. Les travaux d’Amanatullah et Morris prolongent ce constat dans le domaine de la négociation salariale : les femmes ajustent leur stratégie lorsqu’elles anticipent une sanction sociale pour avoir violé les attentes de genre.

Ce point est capital pour tout article sérieux sur le pay gap. Si une femme revendique fortement une augmentation, elle peut être pénalisée pour son assertivité. Si elle ne revendique pas, on lui reprochera ensuite de ne pas avoir demandé. Le système produit donc une double contrainte : être plus visible expose à la sanction, être moins visible expose à l’effacement.

Situation Homme Femme
Il/Elle se montre ambitieux/se Ambition, leadership, potentiel Risque accru d’être jugée agressive, « trop » politique, peu collaborative ou autoritaire
Il/Elle négocie son salaire Comportement perçu comme normal ou stratégique Comportement plus facilement interprété comme déplaisant, déplacé ou intéressé

Il faut donc cesser d’expliquer l’écart salarial par une formule simpliste du type « les femmes ne demandent pas assez ». La vraie question est la suivante : quel est le coût social de la demande selon le sexe de la personne qui la formule ? Tant que ce coût restera différentiel, le conseil individuel ne suffira pas.

Le troisième moteur : la maternité est traitée comme un risque, la paternité comme un signal positif

Le care gap ne commence pas à la maison ; il commence dans les représentations que les organisations se font de la disponibilité future des femmes et des hommes. La littérature sur la motherhood penalty, synthétisée par le Gender Action Portal de Harvard, montre que les mères subissent des pénalités en matière de recrutement, de salaire d’entrée et de compétence perçue, tandis que les pères peuvent au contraire bénéficier d’un bonus symbolique lié à leur statut parental.

Cette asymétrie révèle une logique profonde. L’homme parent est souvent lu comme plus stable, plus responsable, plus investi dans son rôle de soutien économique. La femme parent, elle, est plus facilement soupçonnée d’une disponibilité réduite, d’un engagement fragilisé ou d’une priorité désormais déplacée vers la sphère domestique. Le problème ne réside donc pas seulement dans la présence d’enfants, mais dans la traduction genrée de cette présence.

Ce mécanisme explique pourquoi le pay gap et le care gap se nourrissent mutuellement. Si les organisations anticipent que les femmes feront davantage de care, elles leur offrent moins de salaire, moins de mentorat, moins de trajectoires ascendantes. Puis, parce que ces femmes gagnent effectivement moins, il devient économiquement « rationnel » dans le couple qu’elles réduisent davantage leur temps de travail en cas d’arrivée d’un enfant. Le biais initial produit ainsi une apparence de choix libre.

Le quatrième moteur : le care non rémunéré détourne les femmes vers les emplois les moins payants et les moins promouvables

Les rapports de l’OCDE et du gouvernement écossais permettent de sortir d’une approche strictement psychologique pour montrer comment les normes de genre s’incarnent dans les trajectoires professionnelles. L’OCDE souligne que les écarts de travail rémunéré et non rémunéré sont alimentés par des normes de genre, des stéréotypes, des barrières structurelles, des biais et des discriminations. Le rapport insiste également sur un constat robuste : l’emploi des femmes est beaucoup plus sensible que celui des hommes au nombre d’enfants et à l’âge du plus jeune enfant.

La revue de littérature écossaise prolonge cette analyse avec des conclusions très directement mobilisables. Les responsabilités de care non rémunéré réduisent les revenus, entraînent davantage de baisse d’heures, de sorties du temps plein, de renoncements aux promotions et de redirections vers des emplois plus flexibles mais moins progressifs, avec des effets plus marqués pour les femmes. Là encore, le mécanisme central n’est pas une préférence féminine abstraite, mais l’effet combiné de normes sociales et d’institutions insuffisamment compensatrices.

Tant que les organisations traiteront la flexibilité comme une concession accordée à des trajectoires féminines « particulières », et non comme une norme générale de soutenabilité du travail, le care continuera à coûter plus cher aux femmes qu’aux hommes.

Ce point permet de corriger une mauvaise lecture fréquente. Il ne suffit pas de constater que les femmes occupent davantage d’emplois flexibles ou à temps partiel pour conclure qu’elles les préfèrent. Il faut demander pourquoi, dans une société donnée, ce sont elles qui absorbent prioritairement les ajustements domestiques, et pourquoi ces ajustements sont si peu socialisés.

Le cinquième moteur : le déni de discrimination entretient la discrimination

L’un des résultats les plus importants pour l’action publique et managériale est peut-être le moins intuitif. L’audition du Sénat mentionne des travaux selon lesquels les biais de genre peuvent être plus prononcés chez les évaluateurs convaincus que les discriminations ont disparu. L’article de Begeny et al. dans Science Advances confirme cette idée : dans certaines professions, celles et ceux qui pensent que le problème n’existe plus sont parmi les plus susceptibles de perpétuer le biais.

Pourquoi ce résultat est-il si important ? Parce qu’il montre que l’idéologie du « tout va déjà beaucoup mieux » peut devenir un mécanisme de blocage. Lorsqu’une organisation se croit post-discriminatoire, elle ne documente plus ses écarts, n’interroge plus ses routines, n’ose plus corriger ses critères et traite toute alerte comme une exagération. Le biais gagne alors une protection supplémentaire : l’invisibilité.

Cette invisibilité est d’autant plus dangereuse qu’elle se combine avec des biais linguistiques plus subtils. Le compte rendu du Sénat rappelle par exemple que les lettres de recommandation valorisent souvent chez les hommes la brillance et l’exceptionnalité, alors qu’elles soulignent chez les femmes le sérieux, la rigueur et le travail. On continue ainsi à louer les femmes, mais selon un vocabulaire qui les place moins spontanément du côté du génie, de la vision, du potentiel exceptionnel ou de la promotion rapide.

Ce que cela change dans notre manière de raisonner

Si l’on assemble ces résultats, un raisonnement fort apparaît. Le gender pay gap n’est pas seulement un écart de salaire. C’est la trace monétaire d’une chaîne d’inférences et d’arrangements sociaux. Le care gap n’est pas seulement un déséquilibre domestique. C’est le bras logistique du même système. Les deux écarts avancent ensemble parce qu’ils sont fabriqués par une même architecture mentale et institutionnelle.

Le raisonnement causal peut se formuler ainsi. Des stéréotypes associent l’autorité, la science, la disponibilité et la valeur marchande au masculin ; ils associent le soin, la flexibilité et la responsabilité familiale au féminin. Ces stéréotypes biaisent l’évaluation de la compétence, du potentiel et de la rémunération dès le recrutement. Ils sanctionnent ensuite les femmes lorsqu’elles adoptent les conduites considérées comme payantes pour réussir, comme l’assertivité ou la négociation. Ils font enfin peser sur elles la plus grande part du travail domestique et parental, ce qui les dirige vers des arbitrages professionnels plus coûteux. Le résultat final ressemble à une somme de choix individuels ; en réalité, il s’agit d’une production sociale de la contrainte.

Comment réduire réellement les pourcentages d’écart

La conséquence pratique est claire : on ne réduira pas durablement les écarts avec de simples messages d’encouragement du type « osez davantage ». Il faut agir sur les moments où le biais s’insère dans la décision. L’expérience relatée au Sénat à Aix-Marseille Université est ici instructive. Les comités de sélection ont été confrontés à des données sexuées sur leur vivier, à des tests d’associations implicites, à des synthèses de résultats scientifiques et à des supports rendant les biais visibles dans la discussion collective. Selon le compte rendu, la part de femmes recrutées comme professeures des universités y est passée de 14 % à 50 %.

Ce résultat invite à distinguer deux types de réponses. Les premières sont symboliques : rappeler l’importance de l’égalité, afficher des engagements, célébrer des rôles modèles. Elles ne sont pas inutiles, mais elles sont insuffisantes. Les secondes sont procédurales : modifier les dispositifs d’évaluation, d’organisation et de répartition du care. Ce sont elles qui font baisser les pourcentages.

Niveau d’action Ce qu’il faut changer Pourquoi cela réduit le biais
Recrutement Grilles d’évaluation explicites, salaires d’entrée encadrés, justification écrite des écarts, viviers sexués visibles Réduit la place des inférences implicites sur la compétence et le « potentiel »
Promotion Critères publiés, traçabilité des décisions, revue des lettres et appréciations de performance Empêche que le vocabulaire de la brillance soit réservé aux hommes et le vocabulaire du sérieux aux femmes
Négociation salariale Fourchettes transparentes, augmentation standardisée, revue ex post des écarts Neutralise une partie du coût social différentiel de l’assertivité
Organisation du travail Droit réel à la flexibilité pour tous, réunions compatibles avec la vie familiale, mesure du temps invisible Évite que la flexibilité soit un stigmate féminin et un frein de carrière
Parentalité et care Congés parentaux mieux partagés, garde formelle accessible, dispositifs pour aidants Réduit la spécialisation domestique qui alimente ensuite le pay gap
Culture managériale Formation courte mais répétée, appui sur données locales, suivi des résultats Rend les biais visibles y compris chez les équipes convaincues d’être déjà équitables

En pratique, une stratégie crédible de réduction des écarts devrait reposer sur cinq principes. Premièrement, objectiver : sans données sexuées à chaque étape, les biais restent niés. Deuxièmement, standardiser : plus une décision est informelle, plus elle absorbe les stéréotypes. Troisièmement, dégenrer la disponibilité : il faut cesser de récompenser comme norme neutre un modèle masculin de présence continue. Quatrièmement, socialiser le care : développer les services, les congés partagés et les droits effectifs réduit mécaniquement le coût du care porté par les femmes. Cinquièmement, surveiller les effets, car une politique d’égalité sans indicateurs ne corrige rien durablement.

Faire disparaître les situations discriminantes ou limitantes : la vraie ambition

L’objectif ne doit pas être seulement de « réduire un peu » les écarts. Il doit être de faire disparaître les situations discriminantes ou limitantes chaque fois que cela dépend d’une décision humaine ou organisationnelle. Cela suppose de changer la question posée. Au lieu de demander : « Pourquoi les femmes n’occupent-elles pas encore la même place ? », il faut demander : « À quels moments notre système interprète-t-il différemment la même compétence, la même ambition, la même parentalité ou la même disponibilité selon qu’elles sont incarnées par une femme ou par un homme ? »

Une fois cette question posée sérieusement, l’égalité cesse d’être une affaire de bonne volonté individuelle. Elle devient une question de design institutionnel. Les biais cognitifs ne disparaîtront jamais complètement de l’esprit humain. En revanche, on peut bâtir des procédures, des règles et des environnements qui les court-circuitent, les ralentissent ou les rendent coûteux pour l’organisation qui les laisse agir.

C’est là que se joue la transformation réelle. Une société plus égalitaire n’exige pas des femmes qu’elles s’adaptent indéfiniment à un ordre biaisé. Elle exige des institutions qu’elles cessent de confondre le masculin avec la compétence, le féminin avec le care, la disponibilité totale avec le mérite, et la cécité aux discriminations avec la preuve de l’égalité.

Equal Pay Day 2025 : pourquoi la France l’a situé au 25 mars, et ce que l’Europe nous apprend pour aller plus vite

Égalité salariale femmes-hommes 2025 — chiffres et infographie BPW France
Égalité salariale femmes-hommes 2025 — chiffres et infographie BPW France

Le 25 mars 2025 n’est pas une date symbolique choisie au hasard. C’est, dans le débat public sur l’égalité professionnelle, la date retenue pour matérialiser l’Equal Pay Day en France à partir d’un écart de rémunération de 23,5 % entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, tel que publié par l’Insee pour 2022. Autrement dit, si l’on transpose cet écart en temps de travail, les femmes doivent travailler une partie de l’année suivante pour atteindre le revenu salarial annuel perçu par les hommes l’année précédente. L’intérêt de l’Equal Pay Day est précisément là : rendre visible, par une date, ce qu’un pourcentage laisse souvent abstrait.

Cette pédagogie de la date a aussi une portée politique. Elle permet de relayer un communiqué de presse, de créer un repère simple dans l’espace médiatique et de rappeler que l’inégalité salariale ne se résume pas à une différence de paie « à poste égal ». Elle recouvre également des inégalités de temps de travail, de progression de carrière, de concentration dans certains métiers, d’accès aux postes les plus rémunérateurs et, au bout de la chaîne, de niveau de pension. Le rapport européen de BPW insiste d’ailleurs sur cette approche globale : l’enjeu n’est pas seulement le gender pay gap horaire, mais aussi le gender overall earnings gap et le pension gap, qui mesurent l’accumulation des inégalités tout au long de la vie professionnelle.

D’où vient l’Equal Pay Day ?

L’Equal Pay Day s’inscrit dans une histoire militante ancienne. Selon BPW Europe, la campagne est initiée aux États-Unis en 1988 par les membres américaines de BPW sous le nom de Red Purse Campaign, afin de rendre visible le « manque à gagner » des femmes. Cette mobilisation s’inscrit elle-même dans un temps plus long, hérité des combats menés dès les années 1960 autour de l’Equal Pay Act signé en 1963 aux États-Unis. La campagne a ensuite été introduite en Europe par BPW Germany en 2008, avant d’être relayée à partir de 2009 dans plusieurs pays, dont la France. BPW France rappelle, de son côté, que l’Equal Pay Day a été institutionnalisé aux États-Unis en 1996 avec le National Committee on Pay Equity et que la première édition française a été lancée en 2009.

L’Equal Pay Day ne désigne donc pas un « jour mondial » fixé une fois pour toutes, mais une traduction calendaire d’un écart de rémunération. Sa date varie selon le niveau d’écart retenu et selon la méthode utilisée dans chaque pays.

Comment la date du 25 mars 2025 a été calculée pour la France

En France, la méthode retenue a été la suivante : appliquer l’écart salarial de 23,5 % publié par l’Insee au nombre de jours ouvrés de l’année 2024, soit 252 jours ouvrés. Le calcul donne 59,22 jours, ce qui conduit à retenir le 60e jour ouvré de l’année 2025, soit le 25 mars 2025.

Élément du calcul Valeur retenue
Nombre de jours ouvrés en 2024 252
Écart salarial femmes-hommes retenu 23,5 %
Résultat du calcul 59,22 jours
Arrondi opérationnel 60e jour ouvré
Date obtenue en 2025 25 mars 2025

Cette méthode présente deux avantages. Le premier est sa lisibilité : un pourcentage devient une date, donc un message immédiatement compréhensible. Le second est sa cohérence avec la logique militante de l’Equal Pay Day : il s’agit de montrer combien de jours supplémentaires les femmes doivent travailler pour atteindre le revenu des hommes.

Mais cette pédagogie suppose aussi une clarification méthodologique importante. L’Insee distingue en effet plusieurs niveaux d’écart. Dans le secteur privé en 2022, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 23,5 % à celui des hommes ; à temps de travail identique, l’écart tombe à 14,9 % ; et à poste comparable, chez le même employeur, il est ramené à 4,0 %. Le chiffre de 23,5 % ne mesure donc pas uniquement une discrimination salariale à poste égal : il agrège aussi les différences de volume de travail, de temps partiel, de ségrégation professionnelle et de trajectoires de carrière.

C’est précisément ce qui rend ce chiffre politiquement utile pour l’Equal Pay Day. Car si l’on veut parler de revenu réellement perçu sur une année, et non seulement de salaire horaire à poste comparable, l’écart de 23,5 % dit quelque chose de fondamental : les inégalités se construisent avant la fiche de paie, dans la distribution du travail rémunéré, dans l’orientation des carrières et dans la charge inégale du travail domestique et parental.

Ce que l’Equal Pay Day dit de la situation française

La France dispose d’un cadre juridique ancien sur l’égalité salariale, mais l’écart persiste. L’Insee souligne qu’il s’explique en grande partie par le moindre volume de travail annuel des femmes, plus souvent à temps partiel ou moins présentes toute l’année en emploi, mais aussi par la répartition genrée des métiers, la concentration dans des secteurs moins rémunérateurs et un accès plus limité aux postes les mieux payés. L’institution montre également que les écarts se creusent davantage chez les parents, et particulièrement pour les mères.

La France n’est donc pas confrontée à un problème unique, mais à une chaîne d’inégalités. Se focaliser seulement sur le « salaire pour un même poste » est nécessaire en droit, mais insuffisant en politique publique. C’est d’ailleurs l’une des limites régulièrement pointées dans les débats sur l’index de l’égalité professionnelle : l’outil a permis d’installer une culture de la mesure, mais il ne suffit pas à lui seul à corriger les mécanismes structurels qui produisent l’écart.

Le rapport BPW Europe rappelle à ce titre que la transparence salariale doit s’accompagner de sanctions effectives, d’un meilleur suivi statistique, de procédures de correction dans les entreprises et d’une réflexion plus large sur l’organisation du travail et de la parentalité. BPW France défend d’ailleurs plusieurs orientations de ce type : rétablir un suivi annuel robuste des écarts, appliquer les pénalités financières prévues, mieux conditionner l’accès à la commande publique et promouvoir les démarches certifiées en matière d’égalité professionnelle.

Ouvrir le regard : ce que montrent les autres pays d’Europe

À l’échelle européenne, la comparaison invite à la nuance. La Commission européenne indique que les femmes gagnaient en moyenne 12 % de moins par heure que les hommes dans l’UE en 2023, mais que le gender overall earnings gap demeurait beaucoup plus élevé, à 36,7 %, signe que l’écart ne se joue pas seulement sur le salaire horaire mais aussi sur le volume d’heures rémunérées et sur l’accès à l’emploi. La Commission met aussi en garde contre une lecture trop rapide des classements : un faible écart horaire ne signifie pas toujours une égalité réelle plus avancée, notamment si les femmes sont moins nombreuses sur le marché du travail.

Pays ou ensemble Indicateur mentionné Ce qu’il faut retenir
Union européenne 12 % d’écart horaire en 2023 ; 36,7 % d’overall earnings gap L’inégalité se lit à plusieurs niveaux, pas seulement sur le taux horaire
Belgique 0,7 % d’écart horaire harmonisé en 2023 Très bon résultat comparatif, mais avec une attention nécessaire aux méthodes de calcul
Luxembourg Moins de 5 % selon la Commission ; 0,7 % dans le rapport BPW 2024 Pays de référence dans les comparaisons européennes
Espagne Congés parentaux de plus en plus égalisés ; 16 semaines rémunérées et non transférables pour chaque parent depuis 2021 Un levier fort sur le partage du care et des trajectoires de carrière
Islande Standard de certification de l’égalité salariale et amendes en cas de non-conformité Un modèle d’obligation probatoire et de contrôle
Allemagne Droit d’accès à l’information salariale dans certaines entreprises La transparence devient un droit actionnable

Le cas de la Belgique est particulièrement intéressant pour la discussion publique française. Selon Statbel, l’écart salarial harmonisé au niveau européen n’y était plus que de 0,7 % en 2023, ce qui place le pays juste derrière le Luxembourg. Mais la source belge rappelle aussi que la méthode Eurostat aboutit à des écarts plus faibles que d’autres approches, et que l’écart serait plus élevé si l’on ajustait davantage certaines heures de travail, notamment dans l’enseignement. Autrement dit, la Belgique montre qu’un très bon score horaire est possible, mais elle rappelle aussi qu’aucun indicateur unique ne suffit.

L’Espagne fournit probablement l’un des exemples les plus directement transposables à la France. Le rapport BPW souligne le choix espagnol de faire progresser rapidement le congé paternité, jusqu’à parvenir à 16 semaines rémunérées, égales et non transférables pour chaque parent. Cette architecture est décisive. Elle agit non seulement sur le partage du soin aux enfants, mais aussi sur les anticipations des employeurs : si le coût potentiel de la parentalité est réparti entre femmes et hommes, la pénalité professionnelle attachée à la maternité peut diminuer.

L’Islande, de son côté, illustre une logique plus contraignante. Dès 2012, le pays a développé avec les partenaires sociaux un Equal Pay Standard comparable à une norme de management ; les entreprises de plus de 25 salariés doivent ensuite démontrer et faire certifier, tous les trois ans, la neutralité de leurs systèmes de rémunération, sous peine d’amendes. Là où beaucoup de systèmes reposent sur la déclaration, l’Islande mise sur une obligation de preuve.

L’Allemagne offre une autre piste : le droit, pour les salarié·es de certaines entreprises, de demander la rémunération médiane d’un groupe de salariés du sexe opposé occupant des fonctions comparables. Ce n’est pas une révolution à lui seul, mais c’est un basculement important : la transparence n’est plus un principe abstrait, elle devient un droit actionnable.

Ce qui fonctionne, et ce que la France pourrait appliquer davantage

La première leçon européenne est claire : la transparence salariale fonctionne mieux lorsqu’elle est vérifiable, opposable et assortie de conséquences. La directive européenne sur la transparence des rémunérations, adoptée en 2023, va d’ailleurs dans ce sens en renforçant le droit à l’information, l’obligation de publication d’indicateurs et les mécanismes correctifs lorsque des écarts injustifiés persistent. Pour la France, cela signifie qu’il faut aller au-delà de l’affichage d’un score global et donner davantage de prise aux salariées, aux représentants du personnel et à l’inspection.

La deuxième leçon est que l’écart salarial ne reculera pas durablement sans politiques du temps. Tant que les femmes continueront d’assumer une part disproportionnée du travail domestique et parental, elles resteront plus exposées au temps partiel subi, aux interruptions de carrière et au ralentissement de progression. De ce point de vue, l’exemple espagnol est central : l’égalité salariale ne se joue pas seulement dans les grilles de paie, mais aussi dans la conception des congés, dans l’offre de garde et dans la normalisation d’un partage égal du care.

La troisième leçon est qu’il faut mesurer plusieurs écarts à la fois. Le rapport BPW insiste sur la nécessité de suivre non seulement l’écart horaire, mais aussi l’overall earnings gap et l’écart de pension. La France gagnerait à systématiser cette lecture à trois niveaux. Car un progrès sur le salaire horaire peut masquer une stagnation sur le revenu annuel ou sur la retraite ; inversement, la réduction du temps partiel subi, l’amélioration de l’accès aux postes de management et la revalorisation des métiers féminisés peuvent produire des effets plus profonds que la seule correction des écarts poste à poste.

Enfin, une quatrième piste consiste à conditionner davantage l’argent public. Les propositions relayées par BPW France sur l’exclusion des entreprises non conformes à certains marchés publics ou sur l’usage plus effectif des pénalités vont dans une direction crédible. Lorsqu’une obligation n’a pas de coût en cas de non-respect, elle reste souvent un affichage.

Faire de l’Equal Pay Day un point de départ, pas un simple rendez-vous de communication

L’Equal Pay Day est utile parce qu’il rend visible l’invisible. Mais son efficacité dépend de ce que l’on en fait. En France, la date du 25 mars 2025 issue du calcul fondé sur 252 jours ouvrés et 23,5 % d’écart permet de frapper les esprits. Encore faut-il que cette date ouvre un débat de fond sur la manière dont les inégalités se fabriquent et sur les leviers concrets pour les réduire.

L’Europe montre qu’il n’existe pas une solution unique, mais une combinaison de leviers : transparence salariale réelle, droit d’accès à l’information, certifications et contrôles, sanctions effectives, partage égal du congé parental, suivi statistique plus robuste, et prise en compte de tout ce qui pèse sur le revenu des femmes au fil de la vie. Si la France veut faire reculer l’écart plus vite, elle doit sans doute cesser d’opposer ces approches et les traiter ensemble.

En ce sens, l’Equal Pay Day ne devrait pas être seulement le jour où l’on constate un retard. Il devrait devenir le jour où l’on évalue, très concrètement, ce qui a changé depuis un an pour que ce retard diminue réellement.

Cette décision constitutionnelle sur la parité politique peut-elle réduire le gender pay gap ?

Hémicycle parlementaire - parité politique et gender pay gap

La publication de la décision n° 2026-1197 QPC du 17 avril 2026 du Conseil constitutionnel remet sur le devant de la scène une question ancienne mais décisive : jusqu’où l’État peut-il aller pour contraindre les partis politiques à respecter la parité dans les candidatures aux élections législatives ? La réponse apportée par le juge constitutionnel est nette. Le mécanisme financier prévu par la loi, qui réduit une partie de l’aide publique versée aux partis ne présentant pas un nombre suffisamment équilibré de candidates et de candidats, est conforme à la Constitution [1].

À première vue, cette actualité paraît éloignée du gender pay gap, c’est-à-dire de l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. En réalité, le lien existe, mais il est indirect, institutionnel et de long terme. Cette décision ne change pas immédiatement les fiches de paie. En revanche, elle consolide juridiquement un instrument de féminisation du pouvoir politique, et cette féminisation peut, à terme, peser sur la manière dont sont conçues, arbitrées et défendues les politiques d’égalité économique.

Ce que dit la décision Ce qu’elle ne dit pas
L’État peut moduler l’aide publique aux partis pour les inciter à présenter autant de femmes que d’hommes aux législatives [1]. La décision ne crée aucune nouvelle règle en matière de rémunération dans les entreprises.
Cette réduction d’aide est une modulation financière, pas une sanction pénale ou quasi pénale [1]. Elle ne garantit pas, à elle seule, une hausse des salaires des femmes.
Le Conseil constitutionnel juge le dispositif proportionné et fondé sur des critères objectifs et rationnels [1]. Elle ne supprime ni le temps partiel subi, ni la ségrégation professionnelle, ni le plafond de verre.

Ce que le Conseil constitutionnel valide exactement

Le litige portait sur l’article 9-1 de la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique, dans sa rédaction issue de la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Ce texte prévoit que lorsqu’un parti politique présente aux élections législatives un nombre de femmes et d’hommes trop déséquilibré, le montant de la première fraction de l’aide publique qui lui est versée peut être diminué. La réduction correspond à 150 % de l’écart constaté, au-delà d’un seuil de 2 %, sans pouvoir dépasser le montant total de cette première fraction [1].

La question posée au Conseil constitutionnel était de savoir si un tel mécanisme portait une atteinte excessive au pluralisme politique, à l’égalité devant les charges publiques ou encore au principe de proportionnalité. Le Conseil répond par la négative. Il juge que le législateur a poursuivi un objectif légitime, celui de rendre effectif l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, et que les critères retenus sont suffisamment objectifs. Surtout, il estime que l’équilibre entre cet objectif d’égalité et le pluralisme politique n’est pas « manifestement déséquilibré » [1].

Autrement dit, cette décision sécurise constitutionnellement un levier de contrainte financière déjà existant. Ce n’est pas un tournant spectaculaire du droit social, mais c’est un signal fort : la République peut continuer à utiliser l’argent public pour pousser les organisations politiques à mieux représenter les femmes.

Pourquoi parler de salaires si le texte concerne d’abord la vie politique ?

Parce que l’égalité salariale ne dépend pas seulement du droit du travail. Elle dépend aussi de la fabrique des politiques publiques. Les règles relatives à la transparence salariale, à l’index égalité professionnelle, à la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, aux congés parentaux, à l’accueil de la petite enfance, à la fiscalité des couples ou à l’accès aux postes de direction sont débattues, votées, financées et contrôlées dans l’arène politique. Plus les femmes y sont présentes, plus il devient difficile de reléguer ces sujets au second plan.

L’idée n’est pas de soutenir qu’une femme élue défendrait mécaniquement les intérêts de toutes les femmes. Une telle vision serait réductrice. En revanche, il existe un constat robuste : la sous-représentation des femmes dans les lieux de pouvoir contribue à invisibiliser certaines inégalités, notamment celles qui articulent travail, revenu, charge domestique et progression de carrière. L’OCDE rappelle d’ailleurs que les femmes restent sous-représentées à la fois dans les rôles de direction du secteur privé et dans les institutions politiques, et que des outils comme les quotas, les objectifs de parité ou les exigences de transparence sont mobilisés pour corriger cet état de fait [3].

Le gender pay gap en France : où en est-on vraiment ?

Pour mesurer la portée réelle de cette décision, il faut regarder les chiffres. En France, selon l’Insee, en 2024 le revenu salarial moyen des femmes dans le secteur privé demeure inférieur de 21,8 % à celui des hommes. Même à temps de travail identique, l’écart reste de 14,0 %. Et pour le même emploi dans le même établissement, il s’établit encore à 3,6 % [2].

Ces données sont essentielles, car elles montrent que le gender pay gap n’a pas une cause unique. Une partie de l’écart provient du moindre volume de travail annuel des femmes, lié notamment au temps partiel et aux interruptions de carrière. Une autre partie tient à la ségrégation professionnelle : les femmes ne sont pas réparties dans les mêmes métiers, ni dans les mêmes secteurs, ni dans les mêmes niveaux hiérarchiques. Enfin, une part résiduelle persiste même quand on compare des situations de travail très proches, ce qui renvoie à des mécanismes de discrimination, de négociation salariale, d’évaluation ou d’accès aux promotions [2].

Indicateur Insee pour 2024 Valeur
Écart de revenu salarial moyen femmes-hommes 21,8 % [2]
Écart à temps de travail identique 14,0 % [2]
Écart pour le même emploi dans le même établissement 3,6 % [2]
Part des femmes parmi les postes salariés du privé en EQTP 42 % [2]
Part des femmes parmi les 1 % des postes les mieux rémunérés 24 % [2]

Cette dernière donnée est particulièrement éclairante. Les femmes occupent une place bien plus faible parmi les emplois les mieux payés que dans l’ensemble des postes salariés. Le plafond de verre reste donc une dimension majeure du problème. Or, ce plafond de verre est aussi une question politique, parce qu’il appelle des choix publics sur la gouvernance des entreprises, la transparence, la parentalité, l’organisation du travail et les obligations de résultat.

Les incidences réelles de la décision sur l’écart salarial

La première incidence est symbolique et normative. En validant le mécanisme de modulation financière, le Conseil constitutionnel confirme que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas un simple objectif d’affichage : elle peut justifier des instruments contraignants, y compris lorsque ceux-ci affectent le financement des organisations politiques. Ce raisonnement peut renforcer, dans le débat public, la légitimité d’autres politiques plus offensives en matière d’égalité économique.

La deuxième incidence est institutionnelle. Si les partis sont davantage incités à investir des femmes dans les circonscriptions, la représentation féminine au Parlement peut progresser. À moyen terme, cela peut modifier l’agenda législatif, la hiérarchie des priorités et le niveau de vigilance sur les politiques qui influencent directement l’autonomie économique des femmes. Les enjeux du salaire, du temps partiel, du congé parental, des retraites, de la garde d’enfants ou de la transparence des rémunérations peuvent alors gagner en visibilité et en continuité.

La troisième incidence est culturelle. La présence accrue des femmes dans les fonctions électives contribue à banaliser leur légitimité à gouverner, décider et arbitrer. Ce déplacement des représentations ne doit pas être sous-estimé. L’OCDE souligne que les perceptions genrées des compétences, le manque de modèles féminins et les biais de recrutement nourrissent la sous-représentation des femmes dans les positions de leadership [3]. Or ces mêmes stéréotypes alimentent aussi, dans le monde du travail, la moindre valorisation de certains parcours féminins, l’attribution différenciée des responsabilités et l’accès inégal aux promotions les plus rémunératrices.

Les limites : pourquoi cette décision ne suffira pas

Il serait toutefois trompeur de présenter cette décision comme une réponse directe au gender pay gap. Le Conseil constitutionnel valide ici un mécanisme relatif à la parité des candidatures législatives, non un dispositif portant sur les pratiques salariales des entreprises. L’effet sur les rémunérations est donc indirect, dépendant d’une chaîne longue : plus de candidates, potentiellement plus d’élues, éventuellement plus de politiques publiques favorables à l’égalité économique, puis enfin des effets sur les trajectoires professionnelles et les salaires.

Entre le texte constitutionnel et la fiche de paie, de nombreux verrous subsistent. L’Insee rappelle que l’écart salarial tient largement à l’organisation concrète du travail et des carrières : recours au temps partiel, concentration des femmes dans certains métiers, difficulté d’accès aux postes les plus rémunérés, moindre présence dans les fonctions d’encadrement et répartition inégale des responsabilités familiales [2]. Aucune décision sur le financement des partis ne peut, à elle seule, corriger ces mécanismes.

En ce sens, la bonne lecture de cette actualité n’est ni triomphale ni cynique. Il ne faut ni exagérer son effet, ni le minimiser. Ce n’est pas une réforme salariale ; c’est une consolidation d’un levier politique qui peut favoriser, dans la durée, des réformes plus efficaces sur l’égalité salariale.

Ce que les entreprises et les décideurs publics devraient retenir

Pour les entreprises, cette décision rappelle que l’égalité femmes-hommes ne se joue pas uniquement dans les politiques RH, mais aussi dans l’environnement institutionnel global. Les organisations qui attendent un changement spontané des écarts de rémunération se trompent : l’expérience montre que les progrès viennent surtout d’une combinaison de transparence, d’objectivation des critères de promotion, de suivi des écarts, de correction des biais de carrière et d’un meilleur partage des contraintes familiales.

Pour les responsables publics, le message est clair. La parité politique ne doit pas être pensée comme un sujet séparé de l’égalité économique. Les deux questions se répondent. Une démocratie plus équilibrée dans sa représentation est mieux armée pour traiter les angles morts du marché du travail. Mais cette articulation n’aura d’effet tangible sur le gender pay gap que si elle s’accompagne de politiques substantielles : contrôle des écarts de rémunération, lutte contre le temps partiel subi, accès des femmes aux postes de direction, investissement dans les services de garde et réforme des normes d’organisation du travail.

En conclusion

L’actualité juridique du 17 avril 2026 ne réduit pas mécaniquement l’écart de salaire entre les femmes et les hommes. Son importance est ailleurs. Elle confirme que la puissance publique peut assumer des mécanismes contraignants pour faire progresser la parité dans la vie politique. Cette consolidation est précieuse, car la lutte contre le gender pay gap ne se gagne pas seulement dans l’entreprise ; elle se gagne aussi dans les institutions qui décident des règles du jeu.

La décision du Conseil constitutionnel constitue donc moins une réponse immédiate au problème salarial qu’un maillon dans une chaîne plus large d’égalité. En renforçant la légitimité des outils de parité, elle peut contribuer à créer un cadre politique plus favorable aux réformes qui, elles, toucheront directement les salaires. C’est une avancée réelle, mais une avancée de structure, pas encore une victoire sur la fiche de paie.

Références

[1] Conseil constitutionnel, Décision n° 2026-1197 QPC du 17 avril 2026, publiée au Journal officiel du 18 avril 2026, Légifrance.

[2] Insee, Écart de salaire entre femmes et hommes en 2024, Insee Focus n° 377, 26 février 2026, Insee.

[3] OECD, Women still lag behind men in reaching leadership roles, dans Gender Equality in a Changing World, 15 septembre 2025, OECD.

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Evènement BPW Lyon
Pot Luck estival – Jeudi 6 juillet 2023

Potluck® BPW Lyon

Le Jeudi 6 juillet 2023 à partir de 19h

à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or

Cette soirée est ouverte à toutes et tous (adhérentes, sympathisantes, ambassadeurs, amis…) alors n’hésitez pas à venir accompagnée pour partager les valeurs et la convivialité de BPW Lyon !

D’un point de vue pratiques, le potluck, c’est un format gratuit ET participatif : chacun.e est invité.e à apporter un plat sucré /ou salé /ou une boisson.

Le thème de la soirée : L’atteinte de ses objectifs par l’approche de la sophrologie

Nous avons toutes et tous des objectifs (pro et/ou perso) et les atteindre dépend parfois de peu de choses mais souvent d’un élément essentiel : l’équilibre physique et mental.

La sophrologie permet de prendre du recul pour mieux se recentrer et parvenir à cet équilibre parfois vacillant.

C’est une méthode de relaxation dynamique, issue du monde médical, qui s’appuie sur la respiration, les mouvements, la suggestion, et la mise en mots de nos ressentis corporels.

Cet atelier sera animé par Mme Sabine Papillon, psychomotricienne et sophrologue, animée par l’envie de transmettre des expériences positives pour permettre à chacun(e) de trouver sa propre ressource et d’apaiser son rapport au monde et à soi-même. Cette pratique ne nécessite aucune compétence physique particulière si ce n’est l’envie de la découvrir.

La séance de sophrologie débutera à 19h, si vous souhaitez en profiter pensez à être bien à l’heure. 

Si vous  ne pouvez pas être là mais souhaitez en savoir davantage, Sabine restera avec nous après la séance: vous pourrez l’interroger et échanger avec elle librement.

Nous en profiterons également pour partager nos actualités :

  • Lancement de notre 2ème programme de mentoring,
  • Prochains événements prévus pour la rentrée :lunch, afterwork, atelier surprise et bien entendu notre prochain Diner Des Lumières le 16 novembre.

Merci de nous confirmer votre présence au potluck en cliquant ici

Ne manquez pas cet évènement placé sous le signe de l’échange et de l’amitié ! Une occasion pour se retrouver et mieux se connaître.

Au plaisir de vous retrouver,

Equal Pay Day 2023 : Les femmes et l’art du numérique

Le jeudi 23 mars 2023, BPW France organisait un webinar à l’occasion de l’Equal Pay Day. Le thème était « L’art du numérique : source d’autonomisation des femmes et des filles ». 

L’Equal Pay Day : une initiative BPW

L’Equal Pay Day est une manifestation organisée par notre ONG dont le concept permet de calculer le jour jusqu’auquel une femme doit travailler, en moyenne, pour obtenir le même salaire annuel qu’un homme qui aurait travaillé jusqu’au 31 décembre de l’année précédente. Notre méthode de calcul dépend des chiffres de l’INSEE. 

Pour marquer ce jour et sensibiliser la société aux inégalités salariales existantes, nous organisons, chaque année, un événement en ce sens sur des thématiques variées.

Le numérique comme fil conducteur de notre Equal Pay Day

Dans notre monde actuel, le numérique est omniprésent (1 métier sur trois d’ici 5 ans comportera une composante numérique). Les femmes (52% de la population) tentent de faire leur place au sein d’un écosystème numérique empreint de 98% de code masculin. Le numérique est utilisé comme nouvel outil et langage universel sous le triptyque : art, technologie et sciences. Le choix de notre thème cette année fait écho à celui de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW) qui était « Innovation et changement technologique, et éducation à l’ère numérique pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation de toutes les femmes et filles ». 

Equal Pay Day 2023 : une grande réussite !

Le talent et l’avant-gardisme des femmes est porteur de valeur pour l’ensemble du milieu des technologies, mais qui connaît Roberta Williams, Joan Clarke, Catherine Johnson ou Stéphanie Shirley ? Aujourd’hui, les femmes continuent de s’emparer de l’espace numérique pour inspirer et façonner le monde de demain : à nous de les voir, de les reconnaître et de les encourager ! Cependant, comment s’y prendre pour ne pas reproduire des biais de genres et valoriser la présence des femmes dans le numérique ?

C’est de cette problématique dont nos superbes speakers ont discuté pendant près de deux heures. Grâce à leur expertise, iels ont su nous apporter des éléments de compréhension. Nous avons eu le plaisir d’accueillir Chiara CONDI, Carole STROMBONI, Stéphanie RAGU, Maëlys BEULQUE ainsi que Didier BUHLER.

Si vous n’avez pas pu assister à ce webinar, son replay intégral est disponible sur nos pages Facebook et Youtube !

 

BPW France WebTV Equal Pay Day 2022

BPW Chartres célébrera l’Equal Pay Day® le 23 mars 2023

BPW France WebTV Equal Pay Day 2022

Jeudi 23 mars 2023 à 18h00

BPW Chartres célébrera l’Equal Pay Day®

dans les locaux de la FFB 7 rue Vlaminck à Chartres

L’Equal Pay Day®, ou journée symbole pour accélérer la prise de conscience de l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes, à compétences égales et à poste de valeur égale

 LES FEMMES DANS LE BATIMENT

Les salaires, les conditions de travail de la femme, les relations homme/femme et la représentativité de la femme dans le bâtiment

Les principaux thèmes qui seront abordés autour  d’une table ronde animée par Jonathan BARREAU et 5 femmes dans le bâtiment :

Noémie ROUVET – La Charpente Courvilloise

Audrey LESAGE – TP 28

Christelle BRUYELLE – SARL Bruyelle

Carole FELIX – Espace Fermeture – Tryba

Véronique DAUVILLIERS – SAS Dauvilliers

 Lien pour s’inscrire avant le 15 mars :

https://forms.office.com/e/984ETTvaNJ

BPW France, réseau partenaire du Cercle des Femmes Mécènes !

Un événement soutenu par le Cercle des Femmes Mécènes

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Rosa Bonheur, le musée d’Orsay a présenté une exposition exceptionnelle qui met à l’honneur cette artiste hors norme, novatrice et inspirante.
 
Considérée comme une icône de l’émancipation des femmes, Rosa Bonheur a placé le monde vivant au cœur de son travail et de son existence. Elle s’est engagée pour la reconnaissance des animaux dans leur singularité, exprimant dans sa peinture leur vitalité et leur âme.
 
Pour célébrer la réussite de ce projet soutenu par le Cercle des Femmes Mécènes, dont BPW France est l’un des réseaux partenaires, l’équipe du Cercle a réuni le 12 janvier dernier de nombreux réseaux féminins et mécènes individuelles autour d’une visite de l’exposition suivie d’une coupe de champagne au Fumoir du musée.
 
Lors de l’événement, Leïla Jarbouai, conservatrice en chef du patrimoine et commissaire de l’exposition, et Elisa Trevisan, guide et conférencière, nous ont accompagnées avec passion à travers l’oeuvre de l’artiste !
 
Et vous, qu’attendez-vous pour rejoindre le Cercle des Femmes Mécènes afin de soutenir des artistes exceptionnelles et de profiter d’événements exclusifs ?
 
 
Ci-dessus, Yseline FOURTIC, coprésidente du collectif ENSEMBLE CONTRE LE SEXISME, Jocelyne ADRIANT MEBTOUL, membre du HAUT CONSEIL A L’ÉGALITÉ, présidente de FEMMES MONDE ET RECIPROQUEMENT, Sarah MANTAH, membre de BPW et marraine 2023 de EARTHSHIP SISTERS, Marie Claude MACHON HONORE, membre élue de l’UNESCO à BPW international, Nicole SENEGAS, membre du réseau WIN, et enfin Valentine VIARD, présidente de BPW FRANCE.

Droits des femmes
Retour sur l’index égalité & les pénalités

Valentine VIARD, Présidente de BPW France,
invitée de Arnaud Ardoin dans SMART JOB

Rentrée sous le signe de la loi RIXAIN. En effet, depuis le 1er septembre 2022, il y a obligation de communication publique pour les entreprises dont l’index égalité professionnelle F-H est encore en deçà des 85/100 tolérés.
– avec le détail des critères de l’index (loi Pénicaud de 2014) sur lesquels l’entreprise est encore en défaut. Car, ces critères traduisent le respect des droits des femmes en entreprise
– et la précision des actions concrètes qu’elles s’engagent à mettre en œuvre pour (enfin) se mettre en règle au regard des lois de 1972, 2006, 2014, 2018 et 2022

Toute entreprise en deçà de 85/100 s’expose à une pénalité financière de 1% de la masse salariale !

BPW France appelle le ministère d’Isabelle Rome au « zéro tolérance » pour l’application de la loi. En effet, BPW France invite au « zéro tolérance » que pratique l’Islande. Car l’Islande se pose en modèle, premier pays depuis 12 ans du classement Global Gender Gap du World Economic Forum. Là bas, les droits des femmes sont ainsi mieux respectés, par l’application systématique des lois en vigueur.
Et, dans ce classement, la France est encore au 15ème rang, en dépit d’un discours de priorité nationale sur l’éradication des discriminations de genre.

BPW France est partenaire des entreprises vertueuses qui ont l’ambition d’innover par le genre. Et BPW France accompagne les entreprises pour capter les bénéfices d’application des lois liées au genre. Car, agir pour le droit des femmes c’est aussi en parler, partager et appliquer les sanctions prévues.

Evenement BPW France
Juillet 2022 Marseille

Tous les Clubs de France se sont réunis

A l’occasion du conseil d’administration de la fédération des Clubs BPW France, nous nous sommes rassemblées sur une matinée exceptionnelle au Mucem à Marseille. Une organisation de main de maître par le Club BPW Marseille Métropole, et tout particulièrement Marianne Morabito secrétaire générale adjointe de BPW France. Un cadre chaleureux avec des membres très impliquées qui ont pu voter de nombreux sujets à l’ordre du jour.
Le Club qui nous a reçu a été mis à l’honneur et a exposé les différents travaux menés à Marseille Metropole. Des débats de fond sur l’ouverture aux hommes en tant qu’adhérent pour faire évoluer le statut d’ambassadeur actuel a permis de créer un groupe de travail spécifiquement dédié à ce sujet et sa mise par écrit pour une présentation courant 2023 à BPW Europe.

Au delà de ce moment important pour la vie de la fédération, nous avons pu nous retrouver après une longue période COVID19 qui limitait nos rencontres. Merci à toutes à les membres présentes qui ont ainsi pu travailler sur une thématique précise « le digital ».

Weekend Young France

Le conseil d’administration BPW France étant programmé à Marseille, l’occasion était trop belle de proposer un rassemblement Young sur place. Destination chaude, proche de la mer et facile d’accès en train les Young se sont donc rassemblées pendant et après le conseil d’administration pour des activités festives. La matinée du Dimanche a permis d’ouvrir des débats de fond sur la gestion de la parentalité et sa carrière.

Un rassemblement réussi grâce à tous les membres de nos Clubs de France.

BPW France largement représenté
en Islande au congrès européen

Le dernier Congrès BPW EUROPE s’est tenu du 27 au 29 mai 2022 à Reykjavik en Islande.

L’Islande est le pays classé N°1 depuis 12 années consécutives dans le rapport Global Gender Gap publié par le World Economic Forum.

L’Islande nous offre l’exemple d’une société au sein de laquelle les mentalités embrassent l’opportunité de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes avec deux retours d’expérience que nous partageons :

  • le « zéro tolérance » pour tout irrespect des lois en vigueur
  • l’éducation dès le plus jeune âge aux expressions des discriminations de genre, et la sensibilitation au pouvoir de chacun d’adopter un comportement fraternel et respectueux de l’autre

Participerez-vous au prochain Congrès Européen de BPW Europe, à Malte, en 2025 ?